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Analyse du personnage de Clothilde IV

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Analyse du personnage de Clothilde IV

Message par Malva le Jeu 17 Mar 2016 - 20:01


Clothilde IV

Reine vénérée de Néo-Versailles



Sa personnalité

Avant même de faire la connaissance de la reine Clothilde IV, la rumeur se charge de nous en tracer un portrait peu flatteur. La révolte gronde même sourdement chez certains de ses sujets. Et puis, première nouvelle : elle fait arrêter notre antihéros préféré, le Visiteur! Selon Raymond, la reine est en fait une grosse teubée.

On ne la rencontre donc pas dans les meilleures dispositions, c’est le moins qu’on puisse dire. Notre premier contact avec elle nous montre d’ailleurs une reine aux réactions d’enfant gâté et au langage vulgaire. Si les premières s’harmonisent bien avec son look de poupée de cire aux joues rouges, le second surprend chaque fois qu’elle ouvre la bouche. « Mais c’est qu’il me mate les loches, le petit bâtard » sont d’ailleurs ses premières paroles dans la série…

Clothilde IV est la « vénérée » reine de Néo-Versailles. On insistera bien sur les guillemets, puisque le qualificatif est davantage imposé à la population que vraiment mérité, du moins dans un premier temps. La véritable reine vénérée de Néo-Versailles est Clothilde III, la mère, qui a été tuée par les Castaflics quelques mois plus tôt. Avant elle, une certaine Clothilde II a fondé Néo-Versailles, rassemblant des forces à même de protéger les réserves de conserves Wizz qu'ils venaient de trouver. Apparemment de grandes pointures à chausser pour la jeune monarque, qui sent le besoin d’insister lourdement sur son statut, comme dans le discours lu par son Capitaine de la garde : « Votre reine vénérée, la vénérée reine Clothilde IV », ou de s’affirmer par des déclarations à la « Ouais, je sais, je suis plutôt badass comme reine. » Il vaut en effet mieux qu’elle n’attende pas des autres qu’ils la reconnaissent spontanément, car son entourage et son peuple semblent peu portés à la louanger. Heureusement pour elle, elle est protégée par la garde néo-versaillaise, « une une faction militaire réputée, dirigée de père en fils par de fins tacticiens » (La Meute), selon ce qu'on raconte.



Clothilde occupe le trône depuis l’assassinat de sa mère dans la tentative de prise de pouvoir de Joseph (saison 3 - Les Missionnaires). Si on se fie aux portraits placardés en ville, on peut supposer que la Reine Mère était tout le contraire de sa fille : sévère, sérieuse, digne. Là où la mère arborait une chevelure sombre et droite et un col bien remonté, la fille s'attife d'une perruque blonde, frisée et imposante, et porte un tel décolleté que la poitrine menace de s'en échapper à tout instant. On ne pourrait avoir deux portraits plus dissemblables. Jeune reine au caractère difficile, Clothilde est entourée de deux conseillers, dont on ne sait s'ils étaient de l'entourage de sa mère et qu’elle ne porte pas dans son cœur. Elle les écoute toutefois, à l’occasion, car ils en savent manifestement plus qu’elle sur la manière de régner ou de se comporter devant ses sujets. Ses conseillers ne la portent pas en haute estime non plus, ils ne savent d’ailleurs pas quoi répondre quand Clothilde leur demande directement si elle est « si nulle que ça »…


Clothilde : l’enfant

Pour Clothilde, il semble bien qu’être reine ne soit qu’un vaste jeu. Munie de son sceptre aux allures de jouet et vêtue comme une poupée, Clothilde ressemble en effet à une gamine déguisée jouant à être la reine. On aurait dit que j’étais la reine… Même son autorité royale tient avant tout au fait qu’elle porte un titre. Non parce qu’elle le mérite, mais parce que c’est comme ça, et puis c’est tout. Et quand on veut lui interdire quelque chose, la voilà qui se dresse de toute sa hauteur pour lancer « J’ai le droit, j’suis la reine ». Et toc. Sa première déclaration digne d’une souveraine (« Je veille sur vous, je veillerai toujours sur vous »), elle la fait sur une scène, dans un théâtre. Elle joue donc encore un rôle.


Son attitude puérile laisse croire qu’elle n’a pas vraiment eu l’occasion de grandir. On peut supposer qu’en tant que princesse, elle a vécu jusque-là dans un petit cocon protégé où tous ses souhaits se réalisaient et où elle obtenait ce qu’elle voulait. Bordée, servie, obéie... ce qui expliquerait son comportement d’enfant gâté prêt à piquer une crise quand les gens ne lui répondent pas comme ils le devraient. Clothilde ne veut pas vieillir, elle le dit très bien elle-même : « Moi, j’aime bien mon présent, et je veux pas qu’il change ». Les responsabilités royales, la pression du peuple, tout ça… très peu pour elle. Elle préférerait s’amuser. En cela, elle ne diffère guère de nombreux souverains à travers l’histoire, cela dit.


Plusieurs de ses répliques sont teintées d’un grand esprit enfantin. Aux gens de son peuple qui chuchotent en sa présence, elle crie : « Arrêtez de parler de moi! » et quand la tenancière de taverne parle en mal d’elle, tout ce que Clothilde trouve à répliquer, c’est « Hey, j’t’entends. Tu parles meilleur ou sinon, mon Protecteur, il te défonce, toi et tes potes! ». Un enfant de 10 ans n’aurait pas mieux dit…

De fait, son niveau de langue et ses tournures de phrases s’apparentent plus à ceux d’un enfant, comme lorsqu’elle impose à tous une salutation incongrue (« Zbra! »), geste à l'appui ou qu'elle détourne une expression vraiment vulgaire en la travestissant légèrement (« le fils de foin de fumier! »). Clothilde n’a pas non plus sa langue dans sa poche. Elle dit à peu près tout ce qui lui passe par la tête, sans se soucier de la manière, au grand dam de la Baronne. Par ailleurs, elle ne se gêne pas pour rire de sa « préceptrice »… « Qui c’est qui s’emmerde quand la Baronne parle? Oh, c’est bon, je rigole, vous êtes vraiment une coincée du cul, madame la Baronne » avec une certaine cruauté, mais sans réelle méchanceté. Juste comme un enfant qui jetterait des pierres ou de gros mots, pour s’amuser ou tester les limites.


Ses approches pour se faire des amis ressemblent aussi beaucoup aux méthodes des enfants. Pour amener Stella chez elle, elle lui demande si elle a déjà vu sa chambre, et quand Stella se retrouve au palais, la première chose que Clothilde fait, c’est de lui montrer sa poupée! On n’est pas très loin de l'indémodable « veux-tu être mon ami? » Elle a la même attitude enfantine face au Visiteur et à ses amis, croyant qu’en disant pardon, elle sera excusée d’avoir essayé de les tuer. Puis, face à son peuple en révolte, elle donne l’air de croire qu’en allant leur parler et en leur pardonnant leurs gestes de colère, la situation va s’arranger et que tout sera oublié. Elle est même prête à envoyer Raph en porte-parole : « Va leur parler, et dis-leur que je leur pardonne et qu’on peut rester potes. » Plus tard, alors que la révolte a fait de nombreuses victimes et qu’elle-même a failli y passer, elle conserve cet élan juvénile qui l’amène à vouloir tout de suite pardonner à « ses amis ». « Certains d’entre vous ont essayé de me tuer, mais c’est pas grave, parce que je suis une fille cool, donc on oublie! » Bien qu’elle vienne d’affronter une révolte grave, elle semble encore s’accrocher à cette perception que la reine, la cour, le peuple, tout n’est qu’un vaste jeu de faire-semblant. Elle s’y raccroche en fait désespérément pour ne pas craquer et dans son besoin vital d’être appréciée, acceptée, aimée. Ce n’est pas de l’idiotie, mais la belle naïveté d’une personne n’ayant jamais été confrontée à la dure réalité.

Impétueuse et autoritaire comme une reine de cour d’école, Clothilde a régulièrement recours à ses bras armés pour frapper ceux qui lui déplaisent, dont le Visiteur à quelques occasions (« Je crois qu’il vient de m’insulter, je suis pas sûre. Dans le doute, frappez-le. »). Elle ordonne à ses gardes ou à son Protecteur de punir les gens méchants avec elle et applaudit presque les coups portés : « Ah, il s’est bien fait marave, le con! », comme si la menace contre sa personne faisait partie du jeu et qu’elle n’était pas vraiment en danger. Elle accepte aussi très vite l’idée d’Octave d’une exécution publique, semblant se réjouir à la proposition d’un nouveau jeu amusant. Elle a également recours à son autorité pour organiser le monde autour d’elle et s’assurer qu’il tourne de manière à lui plaire, dans une sorte de pensée magique. Ainsi, même pour le bal qu’elle organise, elle doit contraindre les gens à s’amuser. « Allez, allez, tout le monde danse! […] Capitaine, faites en sorte que tout le monde danse, c’est un ordre. »

Octave, la Baronne, même son peuple, la considèrent comme une enfant à qui on peut mentir pour son bien ou le disputer quand il met le doigt dans le pot de confiture. La façon dont Raymond s’exclame, en envahissant le palais avec ses camarades de révolution : « Viens prendre ta fessée, c’est l’heure du panpan-culcul » le prouve assez bien. Elle demeure toujours, dans l’esprit des gens, comme la fillette dans les jupes de sa mère.


« Vous êtes mes amis, hein? »


Malgré tous ses défauts, Clothilde sait aussi émouvoir, car on perçoit une grande fragilité sous son fard à joues, sa robe d’apparat et son attitude d’enfant gâté. Ayant grandi à la cour (et dans une cour qui paraît plutôt dépeuplée), la jeune Clothilde n’a pas dû avoir beaucoup d’occasions de jouer avec d’autres enfants de son âge. Elle nous apprend même qu’avant l’arrivée de Stella, sa meilleure amie était sa poupée Isabelle… Solitaire par la force des choses, probablement entourée d’adultes chargés de la surveiller et de l’éduquer pour en faire une parfaite princesse, elle n’aura pas pu développer des aptitudes sociales. On peut également penser que la mort de sa mère et l'absence d'un père (peut-on imaginer un abandon?) jouent également sur la fragilité émotive et la peur de l'abandon de Clothilde.


Catapultée au pouvoir sans avoir atteint la maturité nécessaire, la jeune Clothilde se retrouve plus isolée que jamais. Involontairement (ou volontairement, n’est-ce pas, Octave?), ses conseillers l’isolent encore davantage en lui soufflant de rester digne en toutes circonstances, de démontrer sa force et surtout, surtout, de se méfier de tous. Seule relation totalement détendue de la reine : celle qu’elle a avec son Protecteur, en qui elle a totalement confiance. Entre ce robot et sa poupée Isabelle, on ne peut pas dire que la reine ait développé des relations sociales fortes.

Le Visiteur et sa bande venant de l’extérieur de Néo-Versailles, ils représentent un grand intérêt pour la reine (et une part d'inconnu). Ses interactions avec eux sont toutefois empreintes de maladresse. Elle voudrait en faire ses amis, mais ne sait pas du tout comment s’y prendre. Au bal, elle aura cet échange très révélateur sur sa méconnaissance complète des mécanismes de l’amitié, croyant que celle-ci peut s’acheter ou se forger sous la contrainte.

La Reine : Est-ce que c’est vrai? Est-ce que c’est vrai que vous allez m’abandonner?
Le Visiteur : … Non…
La Reine : Je sais que je vous ai maltraités au début, mais je me suis rattrapée, je vous ai fait des cadeaux et tout.
Le Visiteur : Je sais. Je les kiffe les cadeaux.
La Reine : Vous êtes plus mes prisonniers, vous êtes mes invités. Vous êtes mes amis, hein? (extrait de l’épisode Le bal)


Cette maladresse se retrouve aussi dans ses relations avec son peuple, dont elle voudrait se faire apprécier et aimer, mais qui, hélas pour elle, la supporte à peine et ne montre aucun empressement à l’adorer (sauf sous la menace), voire la déteste carrément. Lorsqu’elle se retrouve en leur présence, elle les craint bien plus qu’eux ne la craignent, et elle ne sait visiblement pas de quelle manière se comporter avec eux. Au salut qu’ils lui offrent de prime abord, elle répond, gauche et intimidée, par un geste de la main avant de réagir avec emportement lorsqu’elle pense qu’on parle dans son dos.

De fait, elle est si désireuse de se faire apprécier ou de se trouver des amis qu’elle se réjouit des moindres miettes d’intérêt qu’on lui accorde et se montre très influençable. Ainsi, après le spectacle offert par le Visiteur et sa troupe, quand elle a la surprise de découvrir que le peuple semble prêt à l’accepter davantage, elle n’a pas une seconde d’hésitation à obéir à une invitation irréfléchie lancée par Bernie : « montre ta schneck! » Elle soulève alors sa robe en riant, heureuse de faire partie du « groupe ». Même empressement à déclarer tout un chacun son ami, comme Stella, dont l’expression en dit long lorsque la reine la déclare sa BFF.


Cette solitude intense dont souffre visiblement et profondément la reine fait d’elle une sérieuse dépendante affective. Elle a besoin de la reconnaissance des autres, de leur affection et surtout qu’on l’entoure et la soutienne. Après le premier spectacle du Visiteur, où elle goûte enfin au plaisir de se faire applaudir et apprécier, elle cherche à garder ses « nouveaux amis » auprès d’elle. Ils sont ses prisonniers, mais elle ne les perçoit plus du tout ainsi. Confrontée au départ possible du Visiteur ou de Stella, par exemple, Clothilde craque complètement et nous apparaît alors aussi fragile qu’une fillette sur le point d’être abandonnée. Tantôt elle est au bord des larmes, tantôt elle éclate de colère et ordonne qu’on tabasse le Visiteur. « C’est très vilain de mentir, de me faire croire qu’on est ami, de me prendre pour une conne. T’es un traître! » Elle qui vient à peine de se trouver ce qu’elle croit être de vrais amis, réalise, en voyant la trahison de ceux-ci, qu’ils ne l’ont peut-être jamais été et qu’ils se sont fait passer pour tels pour mieux la tromper, comme tous les autres. La détresse qu’elle ressent alors est si forte qu’elle décrète que le sort du Visiteur lui importe peu, or, elle montre vite qu’il n’en est rien en arrêtant son Protecteur et en trouvant un nouveau moyen de garder le Visiteur auprès d’elle, cette fois dans le cadre d’un contrat (de mariage) accepté en toute connaissance de cause de part et d’autre.

Plus tard, lorsque la supercherie des spectacles du Visiteur est révélée et que Clothilde se prend en pleine tête toute la colère de son peuple, et son rejet, elle en est très affectée. « Tout le monde me déteste maintenant », confie-t-elle au bord des larmes, à Stella. Elle qui ne souhaitait que s’en faire des amis! Puis, quand les révoltés de Néo-Versailles se précipitent dans le palais pour mettre à terre la monarchie, Clothilde est complètement prise au dépourvu. Toute cette colère dirigée contre elle, toute cette haine! Elle n’a aucune envie de les punir ni aucune colère contre eux. Au contraire, elle voudrait que tout s’arrête et qu’ils redeviennent des amis.

Elle montre également une grande sensibilité à la fin de la révolte. Lorsque Stella et Raph se séparent, elles se jettent sur eux en lâchant un « C’est trop triste, putain! » très émotif suivi d’un « J’vous aime, les gars », à la surprise même du Protecteur!



La naissance d’une reine

Alors que le premier épisode de Néo-Versailles nous avait laissé sur l’impression d’une reine caractérielle et autoritaire, dès le deuxième épisode, on découvre les prémisses d’un esprit tactique et politique. La personnalité de la jeune fille se dévoile au fil des épisodes et nous laisse finalement penser que si Clothilde est une reine si maladroite, c’est qu’elle ne trouve pas pour l’instant de grand intérêt dans le jeu politique et la stratégie. La reine, et Clothilde, s’épanouit toutefois au contact du Visiteur et de sa bande. Clothilde ne serait donc pas l’idiote butée que son peuple et ses conseillers voient en elle…

D’abord, elle passe très rapidement de l’envie d’exécuter publiquement le Visiteur et ses amis à celle de les garder auprès d’elle le plus longtemps possible, car ils la font rire, la divertissent. Les spectacles du Visiteur et les moments passés en la compagnie de ses prisonniers sont d’ailleurs les rares moments où la reine semble vraiment s’amuser. Le Visiteur et sa bande lui permettent aussi de réaliser qu’elle pourrait se faire apprécier de son peuple, une nouveauté pour la reine! C’est le Visiteur qui, en mentant au public, donne le beau rôle à la reine. S’il le fait dans l’objectif de flatter l’ego de la souveraine, Clothilde, elle, perçoit plutôt le changement de perception dans le regard des habitants. Le Visiteur ment, et elle le sait, mais c’est la première fois qu’on lui dit qu’elle est une bonne souveraine. Cela lui donne une telle confiance qu’elle a soudain une idée de stratégie digne de n’importe quel politicien : en mettre plein les yeux à son public pour qu’il ne se pose plus de questions.


Pour devenir une vraie reine, il lui faut cependant encore découvrir les dangers et la fragilité de sa position : les traîtrises, la jalousie, les calomnies, la révolte, le retour du bâton des mensonges, et ce genre de choses que les excuses et les cadeaux ne peuvent pas nécessairement racheter. Pendant plusieurs semaines, Clothilde vit encore dans son petit nuage rose, dans ce vaste jeu où elle est reine. Malgré tout, elle développe peu à peu des qualités de reine : elle est ainsi davantage à l’écoute des sentiments et des désirs d’autrui, ce qui l’aide à comprendre en quoi consiste vraiment une amitié. Elle apprend aussi à s’affirmer à se fier à son propre instinct, n’hésitant pas à remettre Octave à sa place lorsqu’il met en doute une de ses décisions (« La ferme, Octave, je sais ce que je fais! »). Comme une souveraine, elle se choisit aussi une compagne à son goût, bien que sa cour demeure très maladroite. Mais elle prend aussi conscience des besoins de son royaume et de son peuple, et propose au Visiteur de devenir roi à ses côtés parce qu’elle sait que Néo-Versailles a besoin d’un homme d’action, d’un héros. La discussion sérieuse qu'elle a avec son conseiller à ce sujet montre tout le cheminement que Clothilde a fait. Elle voit à présent quel rôle a la reine dans son royaume et ce que ce rôle implique en fait de décisions et de sacrifices aussi. Elle fait même preuve de diplomatie, en premier lieu, lorsqu'elle rejette la énième demande en mariage d'Octave! Elle développe donc un esprit politique. Plus tard, elle est prête à marcher sur son cœur et son instinct en acceptant d’épouser Octave lorsque celui-ci lui sauve apparemment la vie en mettant fin à la révolte.

Octave: Il est temps de parler de l'avenir, votre avenir. Et celui de Néo-Versailles.
La Reine: Vous allez me demander en mariage, c'est ça?
Octave: Dois-je prendre cela pour un oui?
La Reine: Octave, la ville a besoin d'un roi courageux, d'un homme d'action, un héros quoi!
Octave: Je suis on ne peut plus d'accord avec vous.
La Reine: Très bien. Donc, vous comprenez que c'est mort.
Octave: Votre grâce, il y a plusieurs types de courage et plusieurs types de héros.
La Reine: Oui, mais tous ces types, Octave, eh bien c'est pas vous. Vous êtes un mec bien, mais pas assez bien.
(Extrait de l'épisode Les Ficelles)


Cette rébellion qui menace sa vie et celle de ses amis la contraint à devenir mature très rapidement. Le jeu devient bien trop réel, et elle comprend qu’on ne peut pas simplement quitter la partie en demandant pardon et en réitérant l’expression de son amitié. Elle pourrait même perdre la vie. C’est une réalisation brutale pour la reine, qu’on menace avec une arme à feu à trois reprises en quelques instants et qui est, en plus, témoin de l’assassinat brutal de deux personnes. Très secouée, elle se fera ensuite manipuler facilement par Octave et acceptera, chose qu’elle s’était toujours refusée, de l’épouser, mais « pour le bien de Néo-Versailles hein! » Une fois la traîtrise de son conseiller dévoilée, la reine ne perd pas ses moyens, semblant même les retrouver, et remercie tant son capitaine de la garde que le Visiteur, graciant même celui-ci d’une révérence plus que royale.


Quand le Visiteur et Raph quittent Néo-Versailles, ils laissent derrière eux une Clothilde beaucoup plus affirmée, une reine qui garde son esprit juvénile et sa joie de vivre, mais comprend aussi ses responsabilités et les endosse. Clothilde ne reste d’ailleurs pas seule, elle a gagné de nouvelles amitiés en la personne de Van Der Castafolte et de Stella, et même, on peut supposer, de la Baronne. Elle est bien entourée pour affronter les nouveaux défis posés par une Néo-Versailles dépeuplée…

Dans La Meute, on apprend toutefois qu'elle a épousé Stella Leroy et que toutes deux règnent « avec sagesse et douceur sur Néo-Versailles ».

Extrait de La Meute a écrit:Les deux souveraines s’étaient rapidement retrouvées affublées du sobriquet
« les Deux Grâces », témoignant de l’amour que leur portait la population. D’aucuns disaient qu’il fallait plutôt y voir un trait d’humour, « les deux grasses » soulignant leur indubitable prise de poids, fruit d’un intense gavage de Wizz.


Sa relation avec Stella


Comme on choisit une nouvelle poupée:

Avec Stella, la reine passe du vouvoiement au tutoiement au vouvoiement… Il faut dire que Stella est pour ainsi dire tombée dans l’œil de la reine lorsqu’elle a fait son petit numéro sur scène. Son assurance, peut-être, sa gentillesse et son empathie l’auraient-elles séduite? D’abord bien maladroite dans ses approches et sa façon de faire la cour à Stella, Clothilde commence par lui faire des compliments d’adolescent : « Le public vous kiffe, moi aussi d’ailleurs », mettant la pauvre Stella bien mal à l’aise.


En fille du 26e siècle, Clothilde parle bien plus ouvertement de ses préférences que Stella, d’ailleurs. On sait ainsi très vite que les garçons ne l’intéressent pas et elle montre à Stella qu’elle est de son goût en l’évaluant, comme si elle s’apprêtait à faire un achat en boutique, en tâtant ses cheveux, en tentant d’attirer son attention, en riant beaucoup trop fort… « Avec ton copain, c’est vraiment du sérieux ou… » Et le fait que ce le soit ne paraît pas la déranger du tout. Raph pourra regarder, mais c’est tout : elle est ouverte, mais a ses limites!

Habituée à avoir ce qu’elle désire, elle n’hésite pas non plus à proposer une position à la cour à Stella : « J’aimerais que tu sois ma maîtresse officielle », et d’ajouter tout aussi vite, pour ne pas dévoiler sa vulnérabilité : « Je te rassure, c’est purement sexuel. » Ce n’est qu’un des détails de son attitude qui dénote sa maladresse sociale et sa grande envie d’avoir des amis. Elle ne sait pas du tout comment se rapprocher de Stella, l’invite, comme une enfant, à venir voir sa chambre.

Une amie?:

C’est petit à petit que l’amitié entre Stella et Clothilde se développe. Il faut ainsi plusieurs jours avant que Clothilde ose inviter le Visiteur et sa troupe pour un bal à la cour. Stella elle-même se montre très mal à l’aise devant les attentions de la reine et ne sait comment réagir sinon en insistant qu’elle est déjà en couple. Malheureusement pour Stella, et heureusement pour Clothilde, Raph se montre à ce moment-là plus préoccupé par l’inaction du Visiteur que par la cour que fait la reine à sa copine.



Face à face au bal, elles agissent comme deux adolescentes lors d’une fête organisée dans le gymnase de leur école. La reine n’a d’ailleurs d’yeux que pour Stella et ne remarque pas que le Visiteur cherche désespérément à attirer son attention. Elle ne se détourne de Stella que lorsque le Visiteur et Raph en viennent aux poings. Pas encore très perceptive, elle ne semble pas vraiment porter attention au trouble de Stella lors que le bal reprend. La pauvre Stella ressent pour sa part un déchirement entre son engagement auprès de Raph et la nouvelle amitié qu'elle sent naître en elle pour la reine. Sa compassion lui tiraille le coeur, elle reste pourtant au bal, avec la reine, plutôt que de suivre Raph, et ne revient d'ailleurs qu'au petit matin dans leur bus.

Puis, c’est Stella qui se retrouve dans la chambre de Clothilde pour consoler la reine lorsque son mariage avec le Visiteur tourne à la catastrophe. C’est à ce moment, et pour faire front commun face à Octave que la reine déclare impulsivement Stella sa BFF, une déclaration d’amitié à laquelle Stella ne sait pas trop comment réagir de prime abord, même si elles partagent déjà une poignée de main secrète. Ensuite, Clothilde, très nerveusement, se confie à sa nouvelle amie, lui montre sa poupée, lui avoue que cette poupée était sa seule amie, mais qu’elle n’en a plus besoin, maintenant qu’elle a Stella. Une Stella qui n'ose toujours pas se laisser complètement aller à accepter cette amitié.


Le choix de Stella:


La reine démontre qu’elle sait s’effacer puisqu’elle laisse à plus d’une reprise Raph et Stella s’expliquer et discuter sans s’en mêler. Elle n’insiste pas non plus, même après avoir laissé sous-entendre à Stella Leroy qu’avec un nom aussi royal, elle ferait la compagne parfaite. À la suite de la révolte, Stella semble avoir encore plus à cœur les intérêts de la reine, se réjouissant qu’elle n’ait pas été amoureuse d’Octave « parce que comme ça, vous n’êtes pas triste », mais, bien que son cœur penche déjà pour ce monde qu’elle apprend à apprécier, Stella n’a pas encore choisi la reine. C’est Raph qui réalise, avant Stella, que celle-ci serait mieux à Néo-Versailles, où le peuple l’aime, où elle a une place auprès de la reine, qui a besoin d’elle. C’est quand Raph la libère de toute obligation morale de revenir au présent avec lui, qu’elle sait enfin quelle décision prendre et choisit de rester à Néo-Versailles pour devenir reine et partager le trône avec Clothilde, au grand bonheur (et soulagement) de celle-ci.


Ses relations avec les autres


Le Visiteur, le renard et la reine:

La relation entre le Visiteur et Clothilde ne commence pas sous les meilleurs auspices. Le premier représente une menace au royaume de Néo-Versailles, selon Octave, car le seul fait qu’il viendrait d’une autre dimension donne au peuple des idées qu’il n’avait pas avant. C’est tendancieux, c’est séditieux, c’est insidieux, et pour cela, le Visiteur doit être rapidement exécuté! La reine n’est pas franchement impressionnée par le Visiteur, un « héros » en haillons qui lui manque de respect dès son entrée au palais en lui regardant obstinément la poitrine, puis en l’insultant par la bande en disant que le voyage temporel est trop compliqué à expliquer, surtout à elle. De toute évidence, le Visiteur ne porte par la monarchie dans son cœur, et la reine s’en rend bien compte. D’ailleurs, elle prend visiblement plaisir à voir le Visiteur manger des coups lors de leur première rencontre. Elle accepte avec une joie spontanée la proposition de son conseiller de le tuer. Elle changera heureusement d’avis en entendant la fable improvisée par Raph. Après tout, comme le souligne la Baronne, si tyrex il y a, le Visiteur les sauvera, si tyrex il n’y a pas, le peuple aura droit à une exécution publique, situation gagnante sur tous les fronts.

Après un bien mauvais départ, leur relation s’améliore considérablement lors du spectacle offert par le Visiteur et sa troupe. Le cœur d’enfant de la reine est conquis sur le champ… avant que la colère ne prenne le dessus quand elle réalise qu’elle s’est fait berner. Pour sauver ses fesses et celles de ses amis, le Visiteur attribue tout le mérite de ce sauvetage spectaculaire à la reine, redirigeant les applaudissements et l’amour du public vers elle, mouchant du même coup toute la colère de Clothilde. Il s’en fait, bien malgré lui, une complice et une admiratrice, qui s’empare du micro pour réclamer des « sauvetages héroïques » tous les soirs en faisant du Visiteur le Champion officiel de Néo-Versailles. Ainsi, le Visiteur devient, pour Clothilde, l’assurance de continuer à bénéficier des faveurs de son peuple. Le Visiteur lui-même n’est que très brièvement choqué par le renversement de situation, c’est qu’il n’a pas l’habitude de se faire avoir à son propre jeu, puisque comme Clothilde, il goûte au plaisir d'être pour une fois chaleureusement applaudi et d’être considéré en sauveur plutôt qu'en "fils de pute". Le Visiteur n’en a pas encore conscience à ce moment-là, mais la reine et lui ont plusieurs points communs.

Pour sa part, Clothilde est très heureuse des effets positifs de son champion sur l’amour que lui porte son peuple et cherche elle-même à se faire un ami du Voyageur en lui offrant plusieurs cadeaux. Disons qu’avec le Visiteur, les cadeaux, surtout ceux qui flattent son ego, ça fonctionne plutôt bien! Il se montre lui-même très intéressé à recevoir les éloges de la reine, aux charmes desquels il n’est pas insensible. De son côté, Clothilde n’est pas du tout intéressée par le Visiteur, à ce niveau du moins. Alors que le Visiteur croit que l’invitation au bal de la reine est des plus… intéressées, il se rend vite compte qu’elle n’a d’yeux que pour Stella, ce qui le vexe au plus haut point, lui qui a l’habitude d’être le centre de l’attention. Voilà que se dévoile un autre point commun entre eux…



Clothilde et le Visiteur se comportent comme deux adolescents lors du bal. D’un côté, la reine, qui flirte maladroitement avec Stella, rit trop fort, touche constamment Stella, etc. De l’autre, le Visiteur, qui brûle de jalousie de voir la reine avec une autre et ne lui porter aucune attention. Il va tout faire pour tenter d’attirer son regard, mais sans succès. Il en conçoit une telle colère qu’il l’évacue sur la première personne qui lui tombe sous la main, Raph, en lui balançant une tonne de choses blessantes. Clothilde et Stella s’interposent alors et l’échange qui suit plonge la reine dans un état de détresse qui va à nouveau faire résonner quelque chose de profond chez le Visiteur.


Il voit la fragilité de Clothilde, sa grande solitude et sa grande peur d’être abandonnée, de perdre ses amis. S’il y est si sensible, c’est qu’il se reconnaît terriblement en elle. Ils partagent les mêmes peurs et la même fragilité, surtout qu’ils ont tous deux perdu un être cher récemment. Judith dans le cas du Visiteur et une mère dans le cas de Clothilde. Il y a cet instant précis où le Visiteur en prend conscience juste ici. Alors que Raph dit des choses cruelles sur le Visiteur, qu’il n’a pas d’amis et qu’il vous laisse tomber du jour au lendemain, Clothilde choisit tout de même de lui accorder son amitié et sa confiance. Le Visiteur ne le sait pas, mais dans la grande solitude qu'ils ont tous deux connue, Clothilde et lui ont partagé un autre point commun. Là où Clothilde avait choisi une poupée pour meilleure amie, le Visiteur avait, lui, "adopté" un robot, Henry Castafolte. Dans une analyse que je trouve éclairante, La "Mad" Moizelle a fait remarquer que le Visiteur avait la possibilité de reprogrammer Henry à n'importe quel moment. Avant qu'il ait conscience de sa véritable nature, Henry n'aurait donc été qu'un ami imaginaire, une marionnette à qui le Visiteur pouvait faire dire n'importe quoi... comme la reine avec sa poupée.

La trahison est amère pour la reine lorsqu'elle apprend que le Visiteur aurait dérobé son collier pour pouvoir quitter Néo-Versailles... et l'abandonner. Mais une nouvelle fois, Clothilde choisit la parole du Visiteur contre celle des autres et l’exprime de façon très adulte en répondant à Octave, lorsqu'il lui dit
« Vous ne pouvez pas lui faire confiance! » : « Je sais, mais j’ai besoin de lui… »

Et c’est vrai, ils ont besoin l’un de l’autre à présent pour guérir leurs blessures et se reforger une détermination. Le Visiteur voit en Néo-Versailles un possible lieu de retraite, et la reine voit en lui une force et une stabilité pour sa ville, et le héros que son peuple (et elle-même) recherche. Elle lui fait une offre idéale pour sceller cette entente : un mariage politique (oui, parce que, elle, de son côté, « elle aurait plein de maîtresses et il faudrait pas la faire chier avec ça ». Pour un mariage politique, le Visiteur contredit toutefois véhément Octave quand il les appelle les amoureux. À quelques instants de la demande en mariage officiele, sur la scène du théâtre, parce que l’un et l’autre sont bien sûr très attachés aux démonstrations publiques et aux personnages qu'ils jouent, Clothilde et le Visiteur se découvrent encore des points communs. Tous deux ne supportent pas le jazz!


La relation entre Clothilde et le Visiteur est passée d’un jeu d’intérêt à quelque chose de plus solide, à un respect et à une compréhension mutuels. Ainsi, quand la vérité éclate et que les masques qu’ils portent l’un et l’autre tombent, le Visiteur n’hésite qu’une fraction de seconde avant de se porter à la défense de la reine, devant Octave et la foule de Néo-Versailles, pour lui éviter d’être blessée, rejetée ou détestée de son peuple. Il prend le blâme tout entier et accepte de recevoir les coups (il a aussi ses propres raisons, nous y reviendrions, un jour peut-être, dans une analyse sur ce personnage). Et il foncera sans perdre un instant lorsque Van Der Castafolte lui apprendra que Raph, Stella et la reine (qui fait donc désormais partie de « la bande ») sont en danger. Il n’hésitera pas à affronter des gardes armés pour se porter à leur rescousse et accélérera encore sa course vers le palais lorsqu’il entendra que la reine est sur le point d’accepter la demande en mariage d’Octave. Il la sauve ainsi une nouvelle fois. La reine elle-même lui accordera pleinement son respect pour cette nouvelle démonstration d’amitié en lui faisant la révérence, d’égal à égal.


Le Protecteur, ange-gardien:


Pour la reine, le Protecteur est une force de la nature, un pilier solide sur lequel elle peut toujours compter, en toutes circonstances. Comme il n’exprime aucune émotion, il est aussi le plus fiable de tous et celui avec lequel elle peut être totalement elle-même plutôt qu’en démonstration. Elle sait qu’il sera toujours là pour la protéger et est convaincue qu’en sa présence, rien ne peut lui arriver. De plus, elle a beau lui donner des ordres comme à un chien pendant une bonne partie de la saison, ce n’est jamais fait avec cruauté ou une absence de considération. C’est simplement un homme de main à qui il suffit de dire un mot, un seul (« Attaque! ») pour qu’il passe à l’action. Tout comme le téléspectateur, la reine en vient toutefois à humaniser ce robot. Preuve en est qu’en fin de saison, elle n’est pas insensible quand il se porte volontaire (premier acte volontaire de sa part, d’ailleurs!) pour protéger la reine contre les émeutiers. Un instant plus tard, c’est une demande qu’elle formule au Protecteur, non plus un ordre. Et elle le vouvoie! Pourrait-il ne tuer personne? « S’il vous plaît? » Bien qu’on ne voit pas ensuite la séquence où elle découvre son Protecteur brisé par les émeutiers, on peut supposer que cette vision l’aura secouée encore davantage qu’elle ne l’était déjà.

Dans le portrait dessiné par Ray, que l’on découvre entre les mains de Raph à la fin de la saison, on peut voir que le Protecteur tient encore fidèlement la garde, cette fois auprès de ses deux reines.

La Baronne, la voix de la raison:


« Une coincée du cul » plutôt emmerdante à écouter, c’est ainsi que Clothilde nous présente la Baronne en quelques répliques lors de la première scène à la cour. Pas la meilleure des entrée en matière pour cette conseillère à laquelle la reine ne donne raison à l’occasion que du bout des lèvres (et non sans ajouter une petite pique au passage). D’emblée, la Baronne nous apparaît comme la voix de la raison auprès de la reine. C’est elle qui semble donner les conseils les plus réfléchis et les plus judicieux, prônant la mesure et la diplomatie, là où l’autre conseiller de la reine préfère la méthode forte et les démonstrations de pouvoir. Bien qu’on ne sache pas comment la Baronne s’est retrouvée à ce poste de conseillère, on suppose qu’elle n’y est pas parce que Clothilde l’y a nommée. La reine n’hésite pas à la dénigrer à plusieurs reprises devant d’autres personnes en rejetant ses remarques… bien qu’il lui arrive aussi de reconnaître quand la Baronne « n’a pas tort » et accepte parfois ses idées. Néanmoins, malgré ses propos blessants à l'encontre de la Baronne, Clothilde ne donne pas l'impression de se méfier de sa conseillère comme elle se méfie parfois de son conseiller. Elle semble plutôt la rabaisser comme une enfant se rebelle contre l'autorité de ses précepteurs.


Il n’y a pas à la cour deux styles plus différents que ceux de la Baronne et de Clothilde. La première s’exprime dans un langage châtié, se tient toujours très droite et réagit « comme il faut » en toutes circonstances. C’est une noble dans tous les sens du terme. La reine, au contraire, parle parfois comme une roturier, s’avachit plus qu’elle ne s’assoit et se soucie bien peu du protocole et de l’étiquette. La Baronne et la reine sont donc assez rarement sur la même longueur d’ondes. Clothilde donne d’ailleurs souvent l’impression de bien peu considérer la Baronne et de ne la garder auprès d'elle qu'elle le doit et parce que la conseillère contrebalance les élans d’Octave.

En gagnant en maturité au fil des événements qui marquent l’arrivée du Visiteur et de sa bande à Néo-Versailles et de l’émeute qui a bien failli lui coûté la vie, Clothilde se met toutefois à exprimer plus de considération pour sa conseillère et à l’écouter davantage. De son côté, l’allégeance de la Baronne à la reine ne faiblit jamais. Elle est dévouée à faire de Clothilde une vraie reine et est fidèle à la femme bien avant la souveraine. Après le mariage raté avec le Visiteur, la Baronne se porte à la défense de la reine en suggérant à Octave de refréner ses ardeurs. « Soyez gentil avec elle, attendez quelques jours […] la reine a suffisamment souffert. »

Bien qu’on voie peu le changement d’attitude de Clothilde envers la Baronne, on peut supposer qu’après la trahison d’Octave, la reine a su reconnaître ses véritables alliés. Le fait que la Baronne se trouve aux côtés de Clothilde sur le portrait royal envoyé à Raph montre bien qu’elle fait partie de son entourage proche et a su, on l’espère, gagner son respect.

Octave, le serpent:


Dire que ce n’est pas l’amour fou entre Clothilde et Octave serait un euphémisme. Si la première sent simplement que son conseiller n’est pas totalement digne de confiance et qu’on doit s’inquiéter « quand il est content », le second semble considérer sa reine comme un fardeau à porter. Ce n’est pas la reine qu’il faut pour diriger Néo-Versailles, il ferait un bien meilleur dirigeant. Il a un plan, et même plus d’un, en tête pour parvenir à prendre le pouvoir. Peut-être qu’inconsciemment, la reine perçoit cette jalousie de son conseiller, mais elle n’y est tout d’abord pas suffisamment attentive ou bien peut-être n’ose-t-elle pas le renvoyer, par peur de se retrouver vraiment seule.

Tacticien brillant, ambitieux et rusé, Octave possède plusieurs qualités d’un bon conseiller, et la reine sait le reconnaître même si elle ne lui accorde pas le respect qui lui serait dû. Malgré ce manque de considération, qui blesse chaque fois l’ego d’Octave, elle lui prête plus souvent l’oreille qu’à sa conseillère, la Baronne. Bien qu’à ses yeux, il ne soit ni courageux, ni un homme d’action, ni un héros, elle paraît même accorder plus de poids aux suggestions d’Octave qu’à celles de la Baronne. C’est qu’Octave connaît bien la reine et sait ce qu’elle souhaite entendre. Ses suggestions vont d’ailleurs souvent dans le sens des impulsions naturelles de Clothilde. Il sait aussi tirer les ficelles qui la feront le plus réagir. Il a ainsi parfaitement conscience de sa grande peur de l’abandon et de son besoin d’être appréciée, et il en joue habilement. Clothilde joue donc sans le vouloir le rôle qu’Octave veut la voir jouer, bien que son grand cœur et l’affection qu’elle porte à ses sujets, au Visiteur et à sa bande font souvent dérailler les plans d’Octave, à la grande frustration de celui-ci.


Comme la Baronne, Octave n’est pas épargné par les mouvements d’humeur de sa reine caractérielle. Il reçoit lui aussi quelques piques assassines (« Arrêtez de faire la gueule tout le temps, comme ça, c’est relou »). Il les accepte sans mot dire et parfois avec un sourire forcé, pour montrer qu’il a de l’humour, toujours dans l’optique de garder sa place auprès de la reine et l’oreille de celle-ci. Clothilde ne remet pour sa part jamais en question les titres de ses conseillers et, en cas de doute, se tourne souvent vers Octave. Il y a toutefois certaines questions sur lesquelles elle se montre parfaitement claire et ferme : jamais elle n’épousera Octave. Elle préférerait « cent fois [se] faire pisser dessus par des nécrophiles en écoutant du jazz ». Il ne représente pas à ses yeux ce dont le peuple de Néo-Versailles a besoin. C’est lorsqu’elle le fait bien comprendre à Octave qu’elle s’en fait un véritable ennemi. Alors que jusqu’à ce moment, Octave tirait essentiellement les ficelles pour assurer son avenir et devenir roi auprès de Clothilde, il reçoit cet ultime rejet en serrant les dents à s’en casser la mâchoire. Dès lors, les moyens employés par Octave seront bien moins « propres ».

L’émeute pilotée dans l’ombre par Octave fait de lui un héros. Puisqu’il lui a sauvé la vie, Clothilde, malgré ses hésitations et ce que lui dicte son instinct, ne peut plus balayer sa proposition du revers de la main et, fragile et émotive, se montre prête à faire d’Octave son roi, pour le bien de ses sujets. En dépit de son dédain pour Octave, la reine se montre surprise lorsque sa trahison est dévoilée, mais plus choquée que triste ou déçue. Elle n’est d’ailleurs nullement émue par l’exécution sommaire de son conseiller par le capitaine de la garde, qu’elle remercie, avec un temps de retard. On peut supposer que la reine ne gardera pas un chaleureux souvenir d’Octave…


Remerciements

De grands mercis à tous ceux qui discutent avec moi des personnages et subissent mon babillage incessant, et un merci tout particulier à Hinsomnia, à Alix D. Magne et à Dark-Jacket.






Dernière édition par Malva le Jeu 28 Juil 2016 - 2:42, édité 28 fois

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Re: Analyse du personnage de Clothilde IV

Message par Alix DM le Jeu 17 Mar 2016 - 20:06

La reine Clothilde IV, c'est un peu la Louis XVI du futur. La pauvre, elle veut bien faire, mais les jeux de manipulation l'amène à enchainer les erreurs, jusqu'au point culminant de la révolution.
C'est un personnage qui est touchant car elle veut gouverner mais elle a du mal à y arriver seule et à se faire respecter par ses conseillers qui trouvent toujours à redire sur elle.

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Re: Analyse du personnage de Clothilde IV

Message par Malva le Jeu 17 Mar 2016 - 20:11

Ça, c'est clair! Je vais développer plus à ce sujet dans la portion "La naissance d'une reine" et montrer comment le Visiteur et ses amis vont l'avoir fait progresser. Smile

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Re: Analyse du personnage de Clothilde IV

Message par Dark-Jacket le Jeu 17 Mar 2016 - 21:08

Son personnage est une des raisons pour laquelle j'adore la saison IV et c'est devenu un de mes personnages préférés. Très bonne analyse, j'ai hâte de lire la suite. ^^
(Et content que tu aies trouvé l'affiche de Clothilde III. x) )
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Re: Analyse du personnage de Clothilde IV

Message par Malva le Sam 19 Mar 2016 - 1:29

Merci, DJ. Smile

J'ai justement ajouté les sections "La naissance d'une reine" et "Sa relation avec Stella". Very Happy

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Re: Analyse du personnage de Clothilde IV

Message par Dark-Jacket le Sam 19 Mar 2016 - 10:43

J'ai trouvé tes analyses très justes. Smile
J'aime vraiment ce personnage. :3
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Re: Analyse du personnage de Clothilde IV

Message par Malva le Dim 20 Mar 2016 - 2:20

Encore merci. Smile

J'ai édité pour ajouter les relations de Clothilde avec le Visiteur et le Protecteur. Ne manquent plus qu'Octave et la Baronne. Very Happy

ÉDIT : voilà! C'est ajouté.

Je suis toujours ouverte aux commentaires et ajouts. Smile

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