[Texte] L'origine des blessures

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[Texte] L'origine des blessures

Message par Moumyne le Jeu 23 Jan 2014 - 11:27

Comment dire... c'est une béta ! Le texte sera certainement relu et corrigé plus tard, là il est tout chaud sorti de mon pc. Vos avis sont les bienvenus ça m'aidera beaucoup !  :smile: 

Pour la petite histoire j'avais très envie d'écrire. Comme une envie de pisser... Entre autres choses j'ai la crève et je sèche l'école. Oui oui je sèche ma propre classe je sais c'est pas top... Et depuis longtemps je m'interrogeais sur les causes des blessures à la tête de notre Visiteur préféré. La vie difficile, les mutants les zombis toussa toussa d'accord, mais encore ? En plus ma première fanfic me trottait encore en tête (celle-la), le principe me plait beaucoup et pour moi j'imagine vraiment une vie dans ce genre pour le Visiteur. Ce qui m'a lancé dans l'écriture de cette fanfic c'est le 1er épisode de la saison 4. On voit apparaître la part sombre et sérieuse du Visiteur. Ça m'a touché. Alors autant le dire tout de suite, je n'ai pas la prose habile de GhostWriter, ni la verve ( tongue ) de Baron, et encore moins l'humour génial de François. Mon style est loin d'être folichon mais au moins j'arrive à peu près à coucher mes idées sur le papier, et ça reste (normalement) compréhensible. Sur le clavier ? Bref, le 1er épisode m'a bien fait réfléchir et finalement, ça a donné un truc comme ça :

La nouvelle version du texte, revue et améliorée est ici : Les ombres du passé

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L'origine des blessures



Chapitre 1 : Le commencement
  Le dernier râle du zombie résonna dans le couloir désaffecté et le bruit mou de son corps désarticulé s'écrasant au sol donna un haut le cœur au Visiteur. Il profita de son élan pour donner un bon coup de poing retourné au dernier mort-vivant et se massa les doigts en regardant le carnage. Cinq zombies, tous plus décharnés les uns que les autres et en partie décomposés. Deux femmes et trois hommes. La gerbe.

  Un léger craquement derrière lui attira son attention mais trop tard, avant qu'il n'ait eu le temps de se retourner, un choc très violent sur le crâne lui fit perdre conscience.
  A son réveil le visage d'Henry apparu devant ses yeux. D'abord flou, puis un peu plus net quand celui-ci commença a remuer les lèvres :
- … de ne pas avoir été carrément décapité ! Ce mec t'a balancé une caisse dans la gueule. Il était en train de te faire les poches quand j'ai débarqué. Heureusement d'ailleurs, j'ai vraiment pas envie de te reconstruire une nouvelle machine, pas que ça a faire en ce moment ! Et sérieux, tu l'as pas entendu approcher ?
- Oh ça va Henry, et oui je veux bien un peu de café. Il est arrivé juste après la bagarre, j'ai rien entendu du tout. Aïe ! Qu'est ce que c'est que ça ? Demanda le Visiteur en se palpant le crâne.
- Je t'ai rafistolé mais c'était pas jojo. L'os est fracturé. D'ailleurs j'ai pu voir qu'en plus de l'implant qui détecte les hologrammes tu avais dans la crâne une autre puce. - J'ai jamais vu un truc pareil, un truc minuscule mais hyper technologique. T'as eu ça où ?
- Dans ton cul ! Nan sérieux Henry j'en sais rien, laisse tomber.
- Et impossible de te l'enlever en plus, elle est complètement intégrée à ton circuit neuronal central. Rien à faire. Elle a l'air d'être en veille pour le moment et...
- Merci Henry t'es trop cool de t’inquiéter pour moi, t'es un vrai pote.
- Ah mais non, j'avais juste super envie de l'étudier de plus près !
- Sympa...
  Le Visiteur se relèva péniblement et vit trente-six chandelles danser devant ses yeux. Le sang lui monta à la tête et il s'évanouit une nouvelle fois en s'écrasant lamentablement à côté de sa chaise.

  Dans le tourbillon de ses pensées, une lumière clignotante attira son regard. Tout le reste n'était que brouillard mais cette lumière verte brilla de plus en plus fort. Elle captiva son attention et tout son être fini par se tourner vers ce point. Il s'en rapprocha et finit par distinguer au milieu de se capharnaüm  infernal un bip bip. Un bip bip lancinant, et familier. Un bip bip qui le replongea aussitôt dans une période de son passé qu'il avait volontairement oublié.
  Il se trouvait le visage à moitié dans le sable. Dans sa bouche un goût de terre, de métal et de sang. Ses oreilles sifflaient douloureusement. Il se releva lentement et regarda autour de lui les débris éparses de son vaisseau. De la fumée acre et nauséabonde s’échappait de-ci de-la et montait dans le ciel pour narguer Venus et la Terre. Venus, son monde... Le Visiteur bascula sur le dos en laissant échapper un gémissement. Plusieurs de ses os devaient être contusionnés. Il regarda la fumée dansante et les deux planètes bien visibles à cette heure-ci. Ses souvenirs revenaient par brides. Un voyage. Une livraison à faire sur la colonie de Mercure. Une histoire d'astronef qui ne démarre plus ou un truc du genre. Bref, une cargaison à déposer à la station d'accueil, avant de rentrer le lendemain au chaud à la maison.    Le Bip bip continuait à se faire entendre, de plus en plus faiblement. Le Visiteur tourna la tête dans sa direction et vit la lumière grésiller, le son s'affaiblir et s'éteindre dans un claquement sec. La console principale venait de lâcher. L'airbag avait bien fait son boulot mais presque tout le reste était mort. Le Visiteur pensa alors au réacteur quantique de l'appareil, il servait de propulseur et de générateur d'énergie spatio-temporelle pour aller plus vite d'un point du système solaire à un autre, si celui-ci entrait en fusion, toute la zone serait désintégrée. Il se releva péniblement, s'appuyant sur les morceaux de tôle les plus gros et les moins brûlants. A mesure qu'il s'approchait du cœur du vaisseau, une douleur très vive commença à monter dans son crâne. A l'emplacement de sa puce biométrique. Il l'a sentait tressauter et chauffer à l’intérieur de son cerveau. Arrivé devant le réacteur la douleur était devenu insupportable. Les dents serrées, des rigoles de sueur dégoulinant le long de son visage, il ne put qu'entendre le réacteur s'agiter en même temps que la puce, et tout explosa. L'énergie du réacteur spatio-temporel se dispersa des kilomètres alentours, et une partie de cette énergie s'imprima dans la puce biométrique.

  Le Visiteur se souvint s'être ensuite réveillé dans un souterrain puant. Un grand homme vêtu d'une blouse blanche l'examinait avec un stéthoscope. Il se présenta vaguement, un scientifique. Henry. Il se remémora la douleur immense qu'il avait ressenti à l'intérieur de sa tête pendant les premiers jours passés dans ce qui se révéla être une geôle souterraine. Cet homme étrange, ce Henry, avait pris soin de lui et l'avait plus ou moins remis sur pieds. Il apprit alors qu'il se trouvait dans une prison nécrophile, en 2550. Le Visiteur se remémora quelques brides de son passé, et un étrange scénario lui vint à l'esprit. 2550. La même date que son départ pour livrer de la marchandise sur Mercure. Un monde parallèle ? Un réalité différente ? Il lui semblait avoir lu des théories de ce genre dans les livres holo dans la sale d'attente du dentiste.
  Les nécrophiles les ignorèrent complètement les premiers jours, leur préférant la cage voisine contenant tout un lot de clodos gémissants. Il lui fallut beaucoup de temps pour admettre ce qui s'était produit, et plus encore pour faire le deuil de son ancienne vie. Une vie banale, mais heureuse. Ses proches lui manquaient cruellement mais la difficulté de vivre dans ce quotidien plus que dangereux lui occupa suffisamment l'esprit pour ne pas le rendre fou. Pas complètement en tout cas. Henry et lui finirent par organiser un réseau de contrebande à l'aide d'un des gardiens non nécrophiles, en échange d'objets personnels comme la montre du Visiteur et divers objets de voyage qu'ils avaient dans les poches. Ils arrivaient ainsi à se procurer de petites pièces électroniques et se mirent à bricoler un engin bientôt capable de les sortir de ce trou en les téléportant. Le Visiteur ne s'y connaissait pas trop mais avait quelques bases techniques. Henry, lui, griffonna quelques plans sur le sol poussiéreux et se remit au travail de plus bel. Un certain Jojo leur procura un peu d'aide et la fabrication put s'accélérer. Il furent cependant surpris dans leur manège par un nécrophile miteux qui attrapa Joseph qui fut plus tard changé de cellule et ils ne le revirent plus. Et c'est un soir où les nécrophiles étaient particulièrement agités qu'Henry et le Visiteur testèrent leur machine.
Dans un flash de lumière vive leurs deux corps disparurent et se rematérialisèrent difficilement dans un tunnel désaffecté à quelques kilomètres de là. Et, ils l'apprirent par la suite, deux semaines plus tard.
  Les deux compères dégotèrent une planque habitable au fin fond d'un des tunnels. Un vieux local gardé par une serrure à code en bon état. Les pluies acides et les zombis ne leur causaient pas trop d'inconvénients, et leur colocation se portait à merveille. Le Visiteur subissait toujours de grande vague de mélancolie, et parfois de violentes migraines lui rappelaient la présence dans son cerveau de la puce endommagée.

Chapitre 2 : Retour
  Un jour qu'ils tentaient tous les deux une expédition pour chercher des vivres aux alentours de neo-versailles, ils tombèrent sur plusieurs gardes belliqueux et avec très peu d'humour, qui les prirent en chasse. Au cours d'un affrontement, Henry et Le Visiteur furent séparés dans deux couloirs différents et ce dernier reçu un violent coup sur le tête. Instantanément, il disparu dans un flash, laissant derrière lui son agresseur complètement choqué. Le Visiteur se réveilla avec une migraine des plus horrible. La douleur faisait trembler chaque fibre de son corps. Quand il émergea il reconnu avec stupeur les débris du crash de son vaisseau. L'autre monde ! Un élan intense de joie le parcouru et atténua quelque peu son mal de tête. Il sentait encore la puce bouillante dans son crâne qui vrombissait de moins en moins fort. Le choc à la tête combiné à la puce défaillante l'avait ramené chez lui. Il se leva d'un bond et se mit à fouiller dans la carcasse de l'appareil, couvert de poussière. Il finit par retrouver son module d'appel d'urgence, et celui-ci accepta en grésillant de se remettre en marche. La balise lança un fort signal vers l'espace, vers Venus. Le Visiteur profita des heures suivantes pour explorer les environs, qui se révélèrent complètement déserts sous la cloche bleutée de la barrière atmosphérique de la planète. D'ailleurs, il réalisa qu'au moment du crash, la barrière avait reconnu son vaisseau et l'avait laissé passé à travers son filtre, sans quoi il se serait tout simplement écrasé dessus, comme un vulgaire météore.
  Il trouva sous un amas de tôle sa trousse de secours, et épongea une partie du sang qui lui ruisselait sur le visage. Le garde de Neo-versaille n'y était pas allé de main morte. Mais la plaie n'était pas profonde. Son appareil de détection bipa soudain, et indiqua entre deux bugs le passage d'une navette dans les heures à venir. Enfin !!! Le Visiteur poussa un très long soupire de soulagement et eu une pensée pour Henry, qu'il ne pourrait malheureusement plus jamais revoir. En s’asseyant près de la console son coude ripa sur l'écran et enfonça plusieurs boutons par mégarde. Le Visiteur se vautra de tout son long a côté des machines et entendit avec horreur les appareils s'affoler. Ils se mirent tous à fumer de façon inquiétante et dans un même échos, le réacteur situé à quelques mètres de là se mit à tourner sur lui-même dans un terrible fracas. Affolé, paralysé, le Visiteur voyait sa vie défiler devant ses yeux et ses espoirs mourir cruellement quand le tout explosa.

- Non mais sérieux t'étais passé où ? Trois jours que je te cherche partout ! Dit la voix grave et inquiète d'Henry.
- Mmmmgggrrhh ?
- Et qu'est ce que tu foutais si loin de la planque ? Un peu plus et tu te retrouvais dehors sous les pluies acides. Je suis même retombé sur le garde qui te poursuivait et il avait l'air salement amoché, je sais pas ce que tu lui a fais, mais le mec est tombé raide dingue tu sais. Il divaguait et tournait en rond sur lui-même comme un débile.
- Hein ? Henry !! Cria le Visiteur en se relevant d'un bond. Le sang lui monta au visage et réveilla les dizaines de petites plaies qui s'y trouvaient. Il s'assit au bord de la table et regarda autours de lui. Il tata son crâne, sentit ses cheveux collés de sang séché, passa la main sur les pansements qu'il portait sur le nez et la joue, sentit les petites coupures un peu partout sur sa peau, et dû se mettre une grande claque pour enfin émerger. Aïeuh ! Gueula-t-il en percutant qu'il devait rester dans sa plaie quelques débris de tôle.
- Bon... Tu vas boire ce Jack Da et on repart. On a plus d'eau.
  Tandis qu'il sirotait pensivement sa tasse, le Visiteur se mit à imaginer de nouvelles perspectives. Puisque sa puce déconnait à plein régime quand on le cognait violemment, il allait devoir trouver un autre système pour l'activer sans manquer de se tuer à chaque fois. C'est alors qu'il se souvint de l'appareil bricolé dans la prison nécrophile. Il demanda à Henry de le perfectionner, d'amplifier sa puissance et de régler plus précisément les paramètres du saut spatio-temporel. Avec un peu de chance, il pourrait retourner dans son monde. Il se révéla malheureusement que la nouvelle machine était capable de voyager dans l'espace et le temps, mais pas d'un monde à l'autre. Le Visiteur cacha sa terrible déception à Henry, et reprit finalement sa nouvelle vie avec comme objectif de tester encore et encore la machine, et par la même occasion d'améliorer ce monde, si abîmé par rapport au sien.

  Et c'est alors que le périple du Visiteur accompagné d'Henry put commencer, tel que nous l'connaissons. Il y affronta notamment la terrible Brigade temporelle qui leur posa de graves problèmes. Il eut même l'occasion d'apprendre de son double du futur, rencontré par hasard dans les souterrains, que celui-ci s'était tellement cogné la tête sur tout et n'importe quoi qu'il en avait oublié la raison.


Chapitre 3 : La déception
  Peu après le reboot temporel qui permit à toute l'équipe de se rencontrer, un imprévu entraîna le Visiteur dans une nouvelle galère. Les dernières batteries de la machine à voyager dans temps furent accidentellement noyées dans de la vodka. Hors d'usage, le Visiteur dû repartir en quête de nouveaux composants au marché le plus proche. Il acheta à la boutique du Coin dur une partie du matériel mais dû s'enfoncer plus profondément dans les ruelles abandonnées de ce qui fut il a des siècles la grande ville de Paris, afin de trouver un laboratoire abandonné. Il arriva en vue du bâtiment en ruine, choisit avec soin par Henry, et réussit à s'y faufiler en évitant une horde de zombies. Les murs en partie écroulés n'avaient rien de rassurants, et c'est à pas de loup que le Visiteur gagna les étages. Il tomba enfin sur la bonne porte, celle avec l'écriteau « réserve de matériel ». Elle se révéla coincée et dû l'enfoncer à coup d'épaule. Il roula-boula à l'intérieur et tomba presque nez à nez avec un zombie. A moitié décomposé et vêtu d'une blouse blanche en lambeau, il poussa un râle guttural et tenta de l'attraper, bras tendus vers l'avant. Le Visiteur esquiva au dernier moment mais rentra de plein fouet dans le mur. Qui craqua bruyamment. Le craquement se propagea à la verticale et une lézarde apparut dans le plafond, elle s'étira plus encore et soudain une partie du plafond s'écroula, ensevelissant le Visiteur et le zombie.

  Quand il prit une grande inspiration de la poussière rentra dans ses narines et poumons et le fit tousser. Une rafale de vent plus violente que les autres projeta sur lui une vague de sable brûlant. Il se releva en pestant et frotta ses yeux baignés de larmes. Saloperie de désert. Désert ? Il lui fallut quelques instant pour réaliser qu'il venait de faire un saut entre les deux mondes. Il voulu rejoindre la balise d'urgence mais ne trouva que quelques morceaux de métal brûlé, ça et là ensevelis dans la dune. La carcasse de son appareil avait certainement été ramassée par la décharge spatiale. Comment rejoindre la colonie la plus proche ? Plus le choix, il fallait marcher. Le Visiteur plaça son foulard sur son visage et partit dans la direction du soleil couchant. Les heures passèrent et le décor ne changeait pas d'un pouce. Ses pieds lui faisaient mal, il avait chaud avec son manteau et ses affaires épaisses. Il en fit un balluchon qu'il porta à l'épaule en continuant son voyage. Il tomba sur une pompe à eau abandonnée près des ruines d'une maison ovale et put en tirer quelques gorgées d'eau au goût de rouille.
  Il ne réussit pas à dormir, ici le soleil tapait en continu pendant des mois, et il tapait fort.  Sans la barrière atmosphérique générée par les colons, ce monde brûlerait de nouveau en quelques secondes. Le Visiteur commença à voir les fantômes de ses proches, restés sur Venus. Ils l'attendaient certainement, s’inquiétaient. Ils avaient dû appeler rapidement les miliciens chercheurs, mais comment pourraient-ils le retrouver ? Coincé entre deux mondes, et actuellement perdu dans un désert sur une autre planète. Alors qu'il se croyait en plein délire au milieu de toutes ces ombres, un bruit étrange se fraya un chemin dans son esprit. Un bruit grave, métallique. Un moteur, et le vrombissement de turbines. Un vaisseau ! Le Visiteur prit d'un soudain regain d'énergie se mit à battre l'air de ses bras en cherchant la direction du bruit. Et en effet, un transporteur touristique fit son apparition. Il le survola à une bonne distance et se posa à une centaine de mètres. Il l'avait aperçu. Il était sauvé. Il allait enfin revoir sa famille. Inside my heart...
  Le commandant du vaisseau était un homme bedonnant et désagréable, mais il accepta en ronchonnant de le déposer à l'astroport le plus proche. On lui donna à boire mais le commandant refusa qu'on lui serve à manger. Il put enfin s'asseoir et dormir. Il se reposa quelques heures pendant lesquelles le vaisseau entra dans l'hyper espace et bientôt amorça sa décélération pour entrer dans le spatioport. Le Visiteur remercia le commandant et l'équipage qui lui adressèrent un vague salut et se dirigea vers les navettes interplanétaires. L'une d'entre elles indiquait comme destination Venus ! Mais comment embarquer sans argent ? Le Visiteur y réfléchit pendant les deux heures précédents le décollage et finit par trouver un accès externe et peu sécurisé aux soutes. Il assomma le vigile et déboulonna la trappe. Il s'y glissa et s'engagea dans le dédale de galeries à l'intérieur de l'appareil. Son choix se porta sur une salle où était entassé un bazar monstrueux. Il se cala entre deux vieilles consoles informatiques tandis que le vaisseau se mettait à trembler et grincer sous l'effet de la mise en marche des puissants moteurs.

  L’atterrissage assez rude réveilla le Visiteur qui se retrouva emmêlé dans un tas de vieux câbles rouillés. Il s'en dépêtra en râlant et retrouva non sans se perdre trois ou quatre fois le chemin de la sortie. Il attendit que le quai soit vide pour sortir et quitter discrètement l'astroport. L'atmosphère sur Venus lui semblait plus familière, plus douce, et plus parfumée. Ici aussi une barrière atmosphérique récréait les conditions propices à la vie. Il y prospérait une vaste colonie qui s'agglutinait joyeusement dans de gigantesques villes plantées de milles espèces végétales récrées ou inventées de toute pièce. Le commerce de carburant était florissant et de nombreuses compagnies de transport s'y installaient. Une bouffée de joie intense envahit le cœur du Visiteur qui prit une grande inspiration et se lança à la recherche du moyen de regagner son « chez-lui ». Il réussit à convaincre un pilote de navette touristique de le prendre à l'arrière de son engin et de le déposer dans la prochaine ville.  Le Visiteur ne tenait plus en place, il était de retour. Il se leva pour admirer le paysage en se tenant fermement à une poignée de sécurité pour ne pas tomber à cause de la très grande vitesse de l'appareil. Tout ébouriffé, son manteau claquant dans le vent, il brûlait d'impatience de retrouver sa famille. L'engin s'immobilisa aux abords d'un grand bâtiments à l'entrée de la ville. Le Visiteur remercia encore le pilote, et au moment de descendre il se prit maladroitement le pied dans un câble, et dégringola lourdement dans les marches. Quand le pilote se leva précipitamment pour lui venir en aide, il resta figé de stupéfaction, en réalisant que le jeune homme ne se trouvait plus là.

Chapitre 4 : La descente aux enfers
  Le Visiteur fut réveillé par son propre hurlement. Une rage infinie s'était engouffrée dans son âme et n'en finissait plus de s'échapper par sa gorge. Quand il eut vidé l'intégralité de ses poumons il suffoqua, toussa, et s'écroula au sol. Il était dans un souterrain, un souterrain abandonné qu'il avait déjà emprunté une fois avec Henry. Il se mit à genou et pris sa tête dans ses mains, se mit à gémir, à pleurer. Il se releva en chancelant et donna un violent coup de boule dans le mur de pierre.    Quelques débris de roche et de la poussière s'échappèrent du mur, tandis que le Visiteur retombait à genou en massant son crâne sanguinolent. Il sut sans ouvrir les yeux que son implant ne l'avait pas transporté dans son monde, il était de nouveau coincé ici. Dans ce monde pourri. Et d'après les râles de plus en plus forts et les bruits des pas qui se rapprochaient de lui, les zombis l'avaient déjà flairés. Il se remit debout, chancelant, et se traîna dans les couloirs jusqu'à rejoindre sa planque.
Henry était absent. Le Visiteur se laissa tomber sur une chaise, attrapa sa bouteille de mauvais whisky et la descendit d'une traite. Il regarda le reflet de son visage déformé par le verre bombé, puis s'éclata la bouteille sur le crâne. Il perdit conscience cette fois-ci, mais ne changea pas de monde.
  Il fallut de la patience à Henry pour remettre sur pied son ami, encore plus mélancolique qu'avant. Il le surprenait parfois à s'éclater une bouteille sur la tête, et revenait de ses excursions avec des plaies et des bosses sur le crâne. Henry supposait que son ami devenait de plus en plus maladroit à cause de sa consommation d'alcool, somme toute assez banale ici, mais pour le moins inquiétante. Il ne parlait plus beaucoup, et avait besoin d'être occupé, sous peine de sombrer complètement dans la folie. Henry le poussa à retourner dans le passé, voir Raph, et continuer les missions pour améliorer leur présent, et leur avenir. Ce qui finit par convaincre le Visiteur de toute l'importance de ces missions, se fut sa rencontre avec une famille de réfugiés, perdus dans le labyrinthe des souterrains, et poursuivis par des mutants. Alors qu'il avait demandé à Henry de ne pas leur ouvrir, ils furent bientôt une famille de quatre personnes à entrer dans leur planque. Le Visiteur avait observé un long moment ce père épuisé, cette mère forte mais effrayée, et ces enfants bien serrés dans les bras de leurs parents. Henry cru son ami simplement ému par cette scène, il ne se doutait pas de l'abîme de douleur qu'elle avait provoqué chez lui. Quelques jour plus tard, de retour d'une dernière excursion, le Visiteur revint une fois de plus couvert de blessures et le front sanguinolent, puis replaça sur son bras la machine temporelle.

 Henry, Raph et leurs acolytes eurent fort à faire avec les Missionnaires. Le Visiteur s'y plongea corps et âme. Il manqua tout abandonner une nouvelle fois quand ses amis lui préférèrent leurs ennemis, mais tout rentra finalement dans l'ordre. Ou presque. Judith. Judith fut tuée sous ses yeux. Son cœur s'arrêta de nouveau quelques secondes. Il perdait encore un être cher. Constance le replongea rapidement dans l'urgence de la situation en lui faisant passer la lourde porte blindée du couloir. Il s'en fallut de peu mais tout deux s'en tirèrent indemnes. Mattéo finit par apprendre la nouvelle et se lança à la poursuite de Dario. Joseph lui, voulu se venger de l'avoir laissé seul dans la prison nécrophile des années auparavant. Malheureusement pour lui, sa folie des grandeurs lui fit perdre la tête. Littéralement. Quant à Raph et Stella, le Visiteur ne leur dit même pas au revoir. Il s'attarda un petit peu avec Constance, imagina une seconde un autre futur possible pour elle et lui, puis la quitta, elle aussi. My way to go...

  La canne à impulsion magnétique de Joseph avait fait grésillé la puce biométrique dans le crâne du Visiteur. Pas l'implant holographique, mais l'implant qu'il avait depuis sa naissance. Il s'était encore remis à chauffer et bourdonnait étrangement depuis lors. Henry Van der Castafolt le suivit alors dans la planque, et tout deux se mirent à échafauder de nouveaux plans.
L'explosion se produisit un après midi où brillait un soleil radieux. Leur quête de composants les avaient emmenés assez loin du labo, et après avoir négocié les prix, et la remise en liberté d'Henry qui fit encore une bourde indélicate, ils reprirent tout deux le chemin du retour. A peine la porte ouverte après avec tapé 23805 sur le boîtier de sécurité, le souffle d'une terrible explosion les projeta à plusieurs mètres dans le couloir. Encore une expérience foireuse d'Henry qui éclate dans le labo. Henry se déconnecta et retomba inerte sur le sol, tandis que le Visiteur chuta lourdement en se cognant violemment la tête. Rest my head...

  L'humidité s'infiltra dans ses vêtements et il émergea à moitié plongé dans une grosse flaque d'eau. Il prit sa tête entre ses mains, se secoua pour se remettre les idées en place, et regarda autour de lui. Il était dans une ruelle sombre. Les maisons aux formes arrondies et équipées de nombreuses tentures mouvantes au fil des rafales de vent chaud le surplombaient de toute leur masse. Venus ! Le Visiteur sauta sur ses pieds, son cœur se mit à battre la chamade et ignorant les lumières blanches qui dansaient devant ses yeux il partit en courant dans le dédale de rues et avenues de la ville. Il s'accrocha à l'arrière d'un aéroglisseur, embarqua clandestinement dans un autre vaisseau, en partance pour... pour SA ville. Fébrile, il s'engagea entre les maisons familières et ralentit l'allure, savourant chaque instant, respirant pleinement l'odeur si chère à son cœur. Il reconnut au loin un voisin lavant la façade de sa maison, ses enfants riants aux éclats à l'intérieur de la bâtisse. Encore quelques pas. Il aperçu enfin sa propre demeure. D'une blancheur immaculée et les voilures solaires flottants dans le vent aux senteurs fleuries. De nouvelles espèces végétales colorées avaient été plantées à l'avant de la cour parsemée de cette herbe bleue typique de la région. Il s'engagea sur le chemin conduisant à la porte, comme au ralenti. Soudain un crépitement et une gerbe d'étincelles jaillirent de son avant bras. La machine temporelle avait pris l'eau. De nouveau un bruit étrange s'en échappa, et elle se mit à chauffer. Des chiffres aberrants apparurent sur l'écran et tout se brouilla. Sa puce biométrique réagissait aux parasites de la machine temporelle. Elle entrait en résonance avec elle et s'agitait de plus en plus. Le Visiteur, foudroyé par une intense migraine, tomba sur les genoux et prit sa tête entre ses mains. La machine temporelle se mit à vibrer et siffler comme une furie, entraînant dans sa destruction celle de l'implant dans le cerveau contrit de douleur du Visiteur. A little bit longer... Un dernier regard à travers un rideau de sueur et de larmes vers sa maison, et le Visiteur sentit le monde se dématérialiser sous lui. Quelque chose en lui se brisa, irrémédiablement, et il tomba dans une inconscience salvatrice.

  La puce ne fut pas la seule à être détruite dans cet accident, une grande partie de son être se brisa au même instant. Le Visiteur retrouva la nouvelle planque souterraine, et se fit retirer par Henry les derniers fragments broyés de l'implant. Henry tenta de comprendre ce qui s'était passé, où il avait atterri après l'explosion du labo, mais seule une sourde colère et une tristesse infinie lui répondirent. Quelques mois plus tard Raph et Stella furent aspirés ici même par un portail défectueux bricolé par Henry. Le Visiteur fut emporté dans un nouveau tourbillon d'aventures, parvenant à peine à le reconnecter avec sa nouvelle réalité. Dans sa tête flottait souvent un air de musique dont les paroles commençaient par How to live with it...


Dernière édition par Moumyne le Mer 29 Jan 2014 - 13:37, édité 2 fois
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Oh ? Why 2.1.9 le Jeu 23 Jan 2014 - 11:34

C'est tout simplement génial, j'adore ta fanfic Smile
(Lorsque la puce explose à la fin, est ce que après son cerveaux fait sploch sploch ? )
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Moumyne le Jeu 23 Jan 2014 - 11:37

Déjà tout lu !  Shocked 

Ah bah c'est toi qui voit ! Moi dans mon esprit oui, il fait un peu sploch sploch sur les bords... Mais un petit peu seulement  Wink 
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Oh ? Why 2.1.9 le Jeu 23 Jan 2014 - 11:42

@Moumyne a écrit:Déjà tout lu !  Shocked 

Ah bah c'est toi qui voit ! Moi dans mon esprit oui, il fait un peu sploch sploch sur les bords... Mais un petit peu seulement  Wink 
Oui, j'adore lire donc quand je lis un truc qui me plait j'ai mes yeux qui me font vitesse x4 ( à l'origine avec Xp je suis a x2)

Mais la pour moi tu vient de crée le double du futur du visiteur ;p
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Moumyne le Jeu 23 Jan 2014 - 11:45

Oui ya un peu de ça ! D'ailleurs j'ai glissé une ou deux petites phrases qui en parlent :

Il eut même l'occasion d'apprendre de son double du futur, rencontré par hasard dans les souterrains, que celui-ci s'était tellement cogné la tête sur tout et n'importe quoi qu'il en avait oublié la raison.

J'aime bien cette explication Smile
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Oh ? Why 2.1.9 le Jeu 23 Jan 2014 - 11:55

Moi aussi mais la les paradoxe temporelle sont juste super bien fait ^^
( je sais pas si c'est fait exprès ou pas mais bon ils sont trop bien Smile )
Le visiteur croise sont double, et a la fin il fini en son double...
"L'origine des blessures et du double du future" 
ton histoire devrai s'appeler comme ça :p
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Nigami le Jeu 23 Jan 2014 - 20:53

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
Mais c'est trop bien j'adore !!! *o*
Ce n'est pas le Double proprement dit… pas encore, mais on voit la descente aux enfers et c'est juste démentiel !!! Bravo bravo !!

Bon, parfois c'est écrit un peu trop vite, mais je comprends ta démarche Wink
Je t'applaudis encore des mains et de mes deux pieds !
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Moumyne le Jeu 23 Jan 2014 - 20:55

Nigami : ♥️
Faudra me dire ce qui va pas ! que j'améliore un peu tout ça ! c'est encore brut de décoffrage Razz
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Nigami le Jeu 23 Jan 2014 - 21:06

Oui voilà, ça fait brut de décoffrage. Mais je sais ce que ça fait quand on a une histoire et qu'on ne veut pas perdre de temps avec les détails.
Mais les détails c'est important, c'est comme ajouter sur une étoffe un peu de dentelle (oh la belle métaphore). On sent bien la mélancolie du Visiteur alors laisse-toi guider Smile
Si toi aussi tu es prise par ces envies furieuses d'écrire, vas-y n'hésite pas. mais ensuite relis, relis trois quatre ou cinq fois si tu as le temps puis rajoute quelques trucs qui rend le texte moins "course-poursuite".
Et puis jouer sur le suspense, c'est super cool.
Voilà mes petits conseils mais après je suis pas maître en la matière, et tu dois créer ton propre style d'écriture. Le tout c'est de s'amuser Very Happy
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Moumyne le Jeu 23 Jan 2014 - 21:09

Merci Smile
Va falloir que je relise tout ça pour l'améliorer. J'avais peur de trop décrire et donc je rendre le truc plus chiant. Mais en fait ça fait deux trois fois qu'on me dit que je dois détailler un plus.. Et pour ce qui est du suspens, tu es notre maitre à tous ! je suis pas douée pour ça j'ai jamais trop essayé :oMais je vais réfléchir à ça




D'ailleurs je suis en train de me dire que mon 1er texte L'ombre du passé et celui-ci peuvent peut être être combinés en un seul plus étoffé ?! Ooooh c'est une idée à creuser !
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Moumyne le Mer 29 Jan 2014 - 13:34

Et voici la version corrigée (un peu) et améliorée ! Pour les courageux :
(Ceux qui ont lu L'ombre du passé reconnaîtront tout un passage. J'ai également modifié le titre, ça me plait beaucoup comme ça Smile)
Commentez commentez chers amis, c'est comme ça que je m'améliore !

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Les ombres du passé




Chapitre 1 :
Le commencement


Le dernier râle du zombie résonna dans le couloir désaffecté et le bruit mou de son corps  s'écrasant sur le sol donna un haut le cœur au Visiteur. Une partie de la cervelle noirâtre du mort s'échappa de son crâne par une plaie béante et par ses oreilles et s'étala sur le sol dallé. Le Visiteur profita de son élan pour donner un bon coup de poing au dernier mort-vivant qui s'éclata contre un mur et il se massa les articulations des doigts en observant le carnage. Cinq zombies, tous plus décharnés les uns que les autres et en partie décomposés. La gerbe.

Un léger craquement derrière lui attira son attention, mais trop tard, avant qu'il n'ait eu le temps de se retourner, un choc très violent sur le crâne lui fit perdre conscience.
A son réveil le visage d'Henry apparut devant ses yeux. D'abord imprécis et flou, puis un peu plus net après quelques longues secondes:
- … de ne pas avoir été carrément décapité ! Ce mec t'a balancé une caisse dans la gueule. Il était en train de te faire les poches quand j'ai débarqué. Enfin j'espère... Heureusement que je suis arrivé à temps, j'ai vraiment pas envie de te reconstruire une nouvelle machine, pas que ça à faire en ce moment ! Et sérieux, tu l'as pas entendu approcher ?
- Oh ça va Henry, et oui je veux bien un peu de café. Il est arrivé juste après la bagarre, j'ai rien entendu du tout. Aïe ! Qu'est ce que c'est que ça ? Demanda le Visiteur en se palpant le crâne.
- Je t'ai rafistolé mais c'était pas jojo. L'os est légèrement fracturé. D'ailleurs j'ai pu voir qu'en plus de l'implant qui détecte les hologrammes tu as dans la crâne une autre puce. J'ai jamais vu un truc pareil, un truc minuscule mais hyper technologique. T'as eu ça où ?
- Dans ton cul... Nan sérieux Henry j'en sais rien, laisse tomber.
- Et impossible de te l'enlever en plus, elle est complètement intégrée à ton circuit neuronal central. Rien à faire. Elle a l'air d'être en veille pour le moment et...
- Merci Henry t'es trop cool de t’inquiéter pour moi, t'es un vrai pote.
- Ah mais non, j'avais super envie de l'étudier de plus près et...
- Sympa...
Le Visiteur se releva péniblement et vit trente-six chandelles danser devant ses yeux. Le sang lui monta à la tête et il s'évanouit une nouvelle fois en s'écrasant lamentablement à côté de sa chaise.

Dans le tourbillon chaotique de son esprit meurtri, une lueur clignotante attira son attention. Tout le reste n'était que brouillard mais cette lumière verte brilla de plus en plus fortement. Elle le captiva comme un insecte hypnotisé devant une lampe et son cerveau fini par émerger suffisamment pour lui faire ouvrir un œil. Il  distingua alors, au milieu de ce capharnaüm infernal, un bip bip. Un bip bip lancinant, et familier. Un bip bip qui le replongea aussitôt dans une période de son passé qu'il avait volontairement occulté.

Il se trouvait le visage à moitié dans le sable. Dans sa bouche un goût rance, de métal et de sang. Ses oreilles sifflaient douloureusement. Il se releva et regarda autour de lui les débris éparses de son vaisseau. De la fumée acre et nauséabonde s’échappait de-ci de-la et montait dans le ciel pour narguer les silhouettes rondes et parfaites de Venus et de la Terre. Aucun nuages ne gâchaient le paysage. Venus, son monde... Le Visiteur bascula sur le dos en laissant échapper un gémissement. Plusieurs de ses os devaient être contusionnés. Il sentit une goutte chaude rouler sur son front, glisser sur sa tempe avant de venir s'écraser sur le lobe de son oreille. Il regarda la fumée dansante s'élever lentement dans le ciel bleu, et les deux planètes, parfaitement rondes et magnifiques, bien visibles à cette heure-ci, qui affichaient fièrement aux yeux de tous leurs couleurs orangée et bleue. Ses souvenirs revenaient par brides. Un voyage. Une livraison à faire sur la colonie de Mercure. Une histoire d'astronef d'un haut fonctionnaire qui ne démarre plus ou un truc du genre. Bref, une cargaison de matériel de réparation à déposer à la station d'accueil, avant de rentrer le lendemain à la maison. Le Bip bip continuait à se faire entendre, de plus en plus faiblement. Le Visiteur tourna la tête dans sa direction et vit la lumière grésiller, le son s'affaiblir et s'éteindre dans un crépitement sec. La console principale venait de lâcher. L'airbag avait bien fait son boulot mais presque tout le reste était mort. Le Visiteur pensa alors au réacteur quantique de l'appareil, il servait de propulseur et de générateur d'énergie spatio-temporelle pour aller plus vite d'un point du système solaire à un autre, si celui-ci entrait en fusion, toute la zone serait désintégrée. Il se releva péniblement, s'appuyant sur les morceaux de tôle les plus gros et les moins brûlants. Par endroit des pans entiers du fuselage avaient disparu, et le sable chaud entrait par vague dans l'appareil. A mesure qu'il s'approchait du cœur du vaisseau, une douleur très vive commença à monter dans son crâne. A l'emplacement de sa puce biométrique. Il la sentait tressauter et chauffer à l’intérieur de son cerveau. Arrivé devant le réacteur la douleur était devenue insupportable. Les dents serrées, des rigoles de sueur dégoulinant le long de son visage, il ne put qu'entendre le réacteur s'agiter dans tous les sens, entraînant dans sa danse folle l'implant dans son crâne, qui semblait réagir à l'unisson. Un son suraiguë commença à s'échapper de l'appareil. Le sol se mit à trembler et grogner quand soudainement tout explosa. L'énergie du réacteur spatio-temporel se dispersa des kilomètres alentours, et une partie de cette énergie s'imprima profondément dans la puce biométrique.

Le Visiteur se souvint s'être ensuite réveillé dans un souterrain puant. Un grand homme vêtu d'une blouse blanche l'examinait avec un stéthoscope rouillé. Il se présenta vaguement, et parlait beaucoup. Un scientifique. Henry. Il se remémora la souffrance immense qu'il avait ressenti à l'intérieur de sa tête pendant les premiers jours passés dans ce qui se révéla être une geôle souterraine. Cet homme étrange, ce Henry, avait pris soin de lui et en quelques semaines il le remit sur pieds. Il apprit alors qu'il se trouvait dans une prison nécrophile, en 2550. Le Visiteur se remémora quelques brides de son passé, et un étrange scénario lui vint à l'esprit. 2550. La même date que celle de son départ pour livrer de la marchandise sur Mercure. Un monde parallèle ? Une réalité différente ? Il lui semblait avoir lu des théories de ce genre dans les livres holo dans la salle d'attente du dentiste.
Les nécrophiles les ignorèrent complètement les premiers jours, leur préférant la cage voisine contenant tout un lot de clodos gémissants et étrangement vêtus de froufrous sales et de chapeaux extravagants. Leurs geôliers ressemblaient plus à des bêtes qu'à des humains mais heureusement on les voyait peu. Il fallut au Visiteur beaucoup de temps pour admettre ce qu'il s'était produit. Ses proches lui manquaient cruellement mais la difficulté de vivre dans ce quotidien plus que dangereux lui occupa suffisamment l'esprit pour ne pas le rendre fou. Pas complètement en tout cas. Henry et lui parvinrent à organiser un réseau de contrebande à l'aide d'un des gardiens non nécrophiles, un des plus cons du lot, en échange d'objets personnels comme une montre et divers petits objets de voyage qu'ils avaient dans les poches : des stylos, quelques cigarettes et d'autres babioles sans intérêt. Ils arrivaient ainsi à se procurer de petites pièces électroniques en assez bon état et se mirent à bricoler un engin bientôt capable de les sortir de ce trou en les téléportant. Le Visiteur ne s'y connaissait pas trop mais avait quelques bases techniques, apprises à l'école. Henry, lui, griffonna quelques plans sur le sol poussiéreux et se mit au travail avec hardeur. Vraiment très intelligent ce Henry. Mais quel caractère... Un certain Jojo leur procura un peu d'aide et la fabrication put finalement avancer. Il furent cependant surpris dans leur manège par un nécrophile, un jour où ils négociaient l'échange d'un étui à lunettes oranges contre une résistance en cuivre. Le désaccord bruyant attira un des gardiens qui attrapa Joseph qui se débattit et reçu un très mauvais coup à la jambe. Il fut ligoté et changé de cellule sans ménagement. Ils ne le revirent plus.
Un soir où les nécrophiles étaient particulièrement agités, Henry et le Visiteur décidèrent enfin de tester leur machine.
Dans un flash de lumière vive leurs deux corps disparurent et se rematérialisèrent avec difficulté dans un tunnel par chance désaffecté à quelques kilomètres de là. Et, ils l'apprirent par la suite, deux semaines plus tard.
Les deux compères errèrent un moment dans les galeries désaffectées et finirent par dégoter une planque habitable au fin fond d'un des tunnels. Un vieux local gardé par une serrure à code en bon état. Ils en chassèrent les trois zombies squatteurs et dégagèrent l'endroit de tout ce qui était inutile. Il y aménagèrent un petit labo et une cuisine avec quelques vieux meubles récupérés et troqués chez les survivants du coin, et quelques appareils électroniques bricolés à la hâte. Les pluies acides et les zombies ne leur causaient pas trop d'inconvénients, ils purent trouver quelques vivres, du matériel et leur colocation se portait à merveille. Le Visiteur subissait toujours de grandes vagues de mélancolie, et parfois de violentes migraines lui rappelaient la présence dans son cerveau de la puce endommagée mais il était toujours en vie, et gardait espoir.


Chapitre 2 :
Le retour


Un jour qu'ils partaient tous les deux en expédition pour chercher des vivres aux alentours de Neo-Versailles, ils tentèrent de dérober à un marchand un panier rempli de conserves de haricots rouges mais au moment de franchir les grilles pour sortir du marché, le Visiteur et Henry tombèrent sur plusieurs gardes belliqueux et avec très peu d'humour, qui les prirent en chasse. Au cours de l'affrontement, Henry et Le Visiteur furent séparés dans deux couloirs différents et après avoir couru de longues minutes, le Visiteur se crut hors d'atteinte et ralentit l'allure. Il reçut un violent coup sur la tête. Instantanément, il disparu dans un flash, laissant derrière lui son agresseur ahuri qui poussa un cri de fillette sous le coup de la surprise.
Le Visiteur se réveilla avec une migraine des plus horribles. La douleur faisait trembler chaque fibre de son être. Un fourmillement intense dans ses doigts lui indiquaient pourtant qu'il n'était pas encore mort mais le bourdonnement dans ses oreilles ne le rassurait qu'à moitié.  Quand il émergea au bout de quelques minutes, il reconnut avec stupeur les débris du crash de son vaisseau. L'autre monde ! Un élan intense de joie le parcouru et atténua quelque peu sa souffrance. Il sentait encore la puce bouillante dans son crâne qui vrombissait et faisait échos dans tout son corps. Le choc à la tête combiné à la puce défaillante l'avait ramené chez lui. Il se leva d'un bond et se mit à fouiller dans la carcasse de l'appareil, couvert de poussière. Il finit par retrouver son module d'appel d'urgence, un boîtier gris en forme d’œuf qui s'ouvrait sur le dessus et celui-ci accepta par chance de se remettre en marche. La balise lança un fort signal vers l'espace, vers Venus en lançant vers le ciel un rayon vert aveuglant. Le Visiteur profita des heures suivantes pour explorer les environs, il savait que les secours mettraient un certain temps à capter son signal, puis à lancer une équipe de recherche. Le coin se révéla complètement désert et brûlant sous la cloche bleutée de la barrière atmosphérique protégeant la planète. D'ailleurs, il réalisa qu'au moment de sa chute, la barrière avait reconnu son vaisseau, les systèmes de commandes devaient être encore en bon état à ce moment-la et l'avait laissé passé à travers son filtre, sans quoi il se serait tout simplement écrasé dessus, comme une vulgaire météorite.
Il trouva sous un amas de tôle sa trousse de secours, et épongea une partie du sang qui lui ruisselait sur le visage. Le garde de Neo-Versailles n'y était pas allé de main morte. Mais la plaie n'était pas profonde. Son appareil de détection bipa soudain, et indiqua entre deux bugs le passage d'une navette dans les heures à venir. Enfin !!! Le Visiteur poussa un très long soupire de soulagement et eut une pensée pour son ami Henry, le robot que se croyait humain, qu'il ne pourrait malheureusement plus jamais revoir. En s’asseyant près de la console de commande arrière son coude ripa sur l'écran, glissa sur le panneau et enfonça plusieurs boutons par mégarde. Le Visiteur se vautra de tout son long à côté des machines dans un bruit d'enfer et entendit avec horreur les appareils s'allumer et s'affoler. Ils se mirent à fumer de façon inquiétante et dans un même échos, le réacteur situé à quelques mètres de là se mit à tourner sur lui-même dans un terrible fracas. Il se mit en suspension au dessus des son socle, s'emballa complètement et commença à siffler. Affolé, paralysé, le Visiteur voyait sa vie défiler devant ses yeux et ses espoirs mourir cruellement quand le tout explosa.

- Non mais sérieux t'étais passé où ? Trois jours que je te cherche partout ! Dit la voix grave et inquiète d'Henry, qui tripotait nerveusement sa moustache.
- Mmmmgggrrhh ?
- Et qu'est ce que tu foutais si loin de la planque ? Un peu plus et tu te retrouvais dehors sous les pluies acides. Je suis même retombé sur le garde qui te poursuivait et il avait l'air salement amoché, je sais pas ce que tu lui as fait, mais le mec est tombé raide dingue tu sais. Il divaguait et tournait en rond sur lui-même comme un débile en poussant des cris de canard...
- Hein ? Henry !! Cria le Visiteur en se relevant d'un bond. Le sang lui monta au visage et réveilla les dizaines de petites plaies qui s'y trouvaient. Il s'assit au bord de la table et regarda autours de lui. Il tâta son crâne, sentit ses cheveux collés de sang séché, retira ses lunettes à lanières et ébouriffa sa tignasse, il passa ensuite la main sur les pansements qu'il portait sur le nez et la joue, sentit les petites coupures un peu partout sur sa peau blanche, et dû se mettre une grande claque pour enfin émerger. Aïeuh ! Gueula-t-il en réalisant qu'il devait rester dans sa plaie quelques débris de tôle.
- Bon... Tu vas boire ce AntoineDa et on repart. On a plus d'eau.
Tandis qu'il sirotait pensivement sa tasse de whisky, le Visiteur se mit à imaginer de nouvelles perspectives. Il n'entendait même plus Henry qui s'était lancé dans de nouvelles envolées philosophiques sur l'humanisme de ses tâches récentes. Puisque sa puce déconnait à plein régime quand on la cognait violemment, il allait devoir trouver un autre biais pour l'activer sans manquer de se tuer à chaque fois. C'est alors qu'il se souvint de l'appareil bricolé dans la prison nécrophile. Le boîtier à placer sur son avant-bras, avec un affichage rudimentaire et quelques boutons de commande. Il demanda à Henry de le perfectionner, d'amplifier sa puissance et sa portée et de régler plus précisément les paramètres du saut dans l'espace, et dans le temps comme ils l'avaient découvert fortuitement. Avec un peu de chance, il pourrait retourner dans son monde.
Il se révéla malheureusement après quelques tentatives infructueuses que la nouvelle machine était belle et bien capable de voyager dans l'espace et le temps, mais pas d'un monde à l'autre. Le Visiteur cacha sa terrible déception à Henry, et reprit finalement sa nouvelle vie avec comme objectif de tester encore et encore la machine avec des modes différents, des commandes plus perfectionnées et par la même occasion d'améliorer ce monde en ruine, qu'il trouvait si abîmé par rapport au sien.

C'est alors que le périple du Visiteur accompagné d'Henry put commencer, tel que nous l'connaissons. Leurs voyages les conduisirent en 2009, à la rencontre d'un jeune homme nommé Raph, qui d'après Henry faisait parti de ces personnes dont l'existence se trouvaient sur un nœud temporel, un point d'où plusieurs voies étaient possibles. Ils firent plusieurs missions auprès du jeune homme et à son époque. Ils y affrontèrent notamment la terrible Brigade temporelle qui leur posa de graves problèmes. Il eut même l'occasion d'apprendre de la part de son double du futur, rencontré par hasard dans les souterrains, que celui-ci s'était tellement cogné la tête sur tout et n'importe quoi qu'il en avait oublié la raison.


Chapitre 3 :
Les origines


Le fracas du verre brisé le réveilla en sursaut. Un marteau-piqueur commença soudainement à tenter de lui extirper le cerveau par les oreilles. La cuite s'annonçait sévère. En déplaçant son coude sur la table sale, il finit par faire tomber les dernières cartes du jeu de la veille. Un roi de pique, et une reine de cœur. Elles allèrent lentement rejoindre les éclats de verre et le whisky qui se répandait encore sur le béton sale. Le visiteur glissa lentement son bras pour poser sa tête lourde de plusieurs tonnes sur son poing. De son autre main il frotta péniblement ses yeux en grommelant. Sa tête lui tournait dangereusement et comme il n'avait pas mangé depuis au moins vingt-quatre heures, sa nausée était d'autant plus pénible. L'odeur d'alcool qui émanait encore de sa tasse lui mit le cœur au bord des lèvres. Il fallait qu'il se bouge. Il se redressa tant bien que mal, vit des lumières vives danser un moment devant ses yeux et une fois remis il regarda tout autour de lui.
Un chaos terrible avait envahit l'unique pièce qu'il partageait avec Henry. La table centrale était couverte de schémas et de notes en tous genres. Des bouteilles vides traînaient de-ci de-la, et d'autres, renversée et vides, gisaient entre les pieds des chaises usées. Le bureau au fond de la pièce, le bureau d'Henry, était plus encombré que jamais. Des machines, des composants, des extraits de livres s'entassaient pêle-mêle jusqu'à atteindre une auteur impressionnante. Au sommet se trouvait le Castabot, qui gisait-la sagement endormi. La machine n'avait pas servit depuis un moment maintenant et une fine couche de poussière s'y était accumulée. Une de ses antennes s'était même légèrement affaissée. Henry la réparerait rapidement. Après tout, un génie robotique tel que lui n'y verrait aucune difficulté, et l'humaniste qu'il était ne laisserait pas son Castabot dans un tel état bien longtemps.
Ses premiers pas furent laborieux et il dut se tenir à la table et aux étagères pour ne pas flancher. En passant devant la plaque de cuisson, où une vieille poêle vide les narguait bien trop souvent, le Visiteur tendit la main et détacha une vieille photo à demi-effacée du fil qui la retenait parmi d'autres images et petits objets suspendus là. Elle faisait partie des quelques rares souvenirs qu'il avait pu sauver dans ses vêtements d'origine. Le reste s'était perdu. Une partie avait été échangée dans la prison nécrophile, et le reste avait été détruit accidentellement. Il porta la main à son visage, et la passa dans ses cheveux bruns indisciplinés, maintenus en arrière par ses lunettes à lanières. Plus il rapprochait la photo de ses yeux, plus son visage semblait triste. Immensément triste. Ses yeux noisettes brillaient dans la pénombre, et les traits de son visage s'accentuaient lentement. Une larme perla au coin de son œil et se mêla au sang d'une blessure récente sur sa joue. Il l'essuya d'un revers de la main. Il respira profondément, ferma les yeux un instant et le regard déterminé il reposa à l'envers la photo sur laquelle on pouvait apercevoir la silhouette d'un homme enlaçant une femme et au centre de la photo, dans leurs bras réunis, un nourrisson emmailloté dans une couverture.
Ses vertiges avaient sensiblement diminués et il put rejoindre le couloir sans encombres. Il y rencontra Henry, qui entrait précipitamment dans la planque et qui ferma rapidement la porte d'entrée avant de la barricader.
- Ne sors pas maintenant, des zombies, dans le couloir. Ils viennent de bouffer un vieux et ils rôdent encore par ici. Il posa son sac sur un meuble du couloir. Sale tronche toi, ajouta-t-il en observant fixement son ami.
- Mal aux cheveux. Tu sais pas la chance que tu as de pouvoir picoler sans déguster le lendemain, déclara le Visiteur d'une voix encore rauque, en détournant le regard.
- Excuse moi de ne pas savoir ce que ça peut bien faire d'être un humain ! Non mais sous prétexte que je suis un robot je ne serai pas capable de...
- Café Henry ? le coupa le Visiteur.
- Volontiers. Rien de meilleur qu'un petit café pour bien démarrer la journée. D'ailleurs est-ce que je t'ai raconté la fois où ...
Henry passa son bras autour des épaules du Visiteur, et de sa main ganté de noir il lui tapota la tête d'un geste fraternel. Il ne pouvait se douter de la souffrance que ce geste banal causerait dans le crâne tourmenté de son ami. Celui-ci porta la main à son front en ronchonnant jusqu'à rejoindre de nouveau la table qu'il avait eu tant de mal à quitter. Il y prit sa tasse, qu'il vida par terre d'une traite et la leva à portée d'Henry qui lui tendait la casserole de café tiède.


Chapitre 4 :
La déception


Peu après le reboot temporel qui permit à toute l'équipe du Visiteur de se rencontrer, un imprévu entraîna celui-ci dans une nouvelle galère. Les dernières batteries de la machine à voyager dans temps furent accidentellement noyées dans de la vodka. Hors d'usage, le Visiteur dû repartir en quête de nouveaux composants au marché le plus proche. Il acheta à la boutique du Coin dur une partie du matériel mais il manquait encore quelques composants plus rares. Il dû s'enfoncer plus profondément dans les ruelles abandonnées de ce qui fut il y a des siècles la grande ville de Paris, afin de trouver un laboratoire abandonné. Les rues désertes jonchées de restes de voitures et de bâtiments effondrés n'inspiraient guère confiance. Il lui fallut plusieurs fois rebrousser chemin car des zombies rôdaient de-ci de-la en gémissant. Il arriva enfin en vue du bâtiment en ruine, choisit avec soin par Henry, et réussit à s'y faufiler en évitant une horde de mutants relativement grognons. Les murs en partie écroulés n'avaient rien de rassurants, et c'est à pas de loup que le Visiteur gagna les étages en empruntant l'escalier de secours. Il tomba enfin sur la bonne porte, celle avec l'écriteau « réserve de matériel ». Elle se révéla coincée et il dû l'enfoncer à coup d'épaule. Il roula-boula à l'intérieur et tomba presque nez à nez avec un zombie. A moitié décomposé et vêtu d'une blouse blanche en lambeaux, il poussa un râle guttural et tenta de l'attraper, bras tendus vers l'avant. Le Visiteur esquiva au dernier moment mais rentra de plein fouet dans le mur. Qui craqua bruyamment. Le craquement se propagea à la verticale et une lézarde apparut dans le plafond, elle s'étira plus encore et soudain une partie du plafond s'écroula, ensevelissant le zombie et le Visiteur.

Quand il prit une grande inspiration de la poussière rentra dans ses narines puis dans ses poumons et le fit tousser. Une rafale de vent plus violente que les autres projeta sur lui une vague de sable brûlant. Il se releva en pestant et frotta ses yeux baignés de larmes. Saloperie de désert. Désert ? What the f... Il lui fallut quelques instants pour réaliser qu'il venait de faire un saut entre les deux mondes. Les souvenirs de son précédent passage lui revinrent en mémoire. Il voulut rejoindre la balise d'urgence mais ne trouva que quelques morceaux de métal brûlé, ça et là ensevelis dans la dune et pas de traces du plus gros de son vaisseau. Les restes de la carcasse de son appareil avaient certainement été ramassés par la décharge spatiale des semaines auparavant. Comment rejoindre la colonie la plus proche ? Plus le choix, il fallait marcher. Le Visiteur plaça son foulard sur son visage, glissa ses lunettes sur ses yeux et partit dans la direction du soleil couchant.
Les heures passèrent et le décor ne changeait pas d'un pouce. Ses pieds lui faisaient mal, le sable bouillant rentrait dans ses chaussures et frottait sur sa peau. Il avait chaud avec son manteau et ses épais vêtements. Il en fit un balluchon qu'il porta à l'épaule en continua son voyage. Il tomba sur une pompe à eau abandonnée près des ruines d'une maison abandonnée et put en tirer quelques gorgées d'eau au goût de rouille.
Il ne réussit pas à dormir, ici le soleil tapait en continu pendant des mois, et il tapait fort. Sans la barrière atmosphérique générée par les colons, ce monde brûlerait de nouveau en quelques secondes. Le Visiteur commença à voir des mirages, les fantômes de ses proches, restés sur Venus. Ils l'attendaient certainement, s’inquiétaient. Mais comment pourraient-ils le retrouver ? Trimballé d'un monde à l'autre, et actuellement perdu dans un désert sur une autre planète. Alors qu'il se croyait en plein délire au milieu de toutes ces ombres, un bruit étrange se fraya un chemin dans son esprit. Un bruit grave, métallique. Un moteur. Un gros moteur et le vrombissement de grosses turbines à propulsion. Un vaisseau ! Le Visiteur pris d'un soudain regain d'énergie se mit à battre l'air de ses bras en cherchant la direction du bruit. En effet, un transporteur touristique fit son apparition. Petit point à l'horizon tout d'abord puis en peu de temps immense bâtiment volant fait d'alliages de titane. Il le survola à une bonne distance et se posa à une centaine de mètres. Il l'avait aperçu. Il était sauvé. Il allait enfin revoir sa famille.

Le commandant du vaisseau était un homme bedonnant et désagréable avec une grosse moustache hirsute et habillé d'une combinaison spatiale bien trop serrée pour lui. Il accepta en ronchonnant de le déposer à l'astroport le plus proche à condition qu'il ne le fasse pas chier. On lui donna à boire mais le commandant refusa qu'on lui serve à manger. Il pesta tout le voyage sur ces immigrés, ces parias qui venaient envahir leurs colonies de braves travailleurs... En écoutant que d'une oreille, le Visiteur put enfin s'asseoir et  finit par s'endormir. Il se reposa quelques heures pendant lesquelles le vaisseau entra dans l'hyper espace et bientôt amorça sa décélération pour entrer dans le spatioport principal de Mercure. Le Visiteur remercia le commandant et l'équipage qui lui adressèrent un vague salut et se dirigea vers les navettes interplanétaires. L'une d'entre elles indiquait comme destination Venus ! Mais comment embarquer sans argent ? Le Visiteur y réfléchit pendant les deux heures précédents le décollage et finit par trouver un accès externe et peu sécurisé aux soutes. Il assomma le vigile et déboulonna la trappe. Il s'y glissa et s'engagea dans le dédale de galeries à l'intérieur de l'appareil. Son choix se porta sur une salle où était entassé un bazar monstrueux. Il se cala entre deux vieilles consoles de pilotage tandis que le vaisseau se mettait à trembler et grincer sous l'effet de la mise en marche des puissants réacteurs.

L’atterrissage assez rude réveilla le Visiteur qui se retrouva emmêlé dans un tas de vieux câbles rouillés. Il s'en dépêtra en râlant et retrouva non sans se perdre trois ou quatre fois le chemin de la sortie. Il attendit que le quai soit vide pour sortir et quitter discrètement le spatioport. L'atmosphère sur Venus lui semblait plus familière, plus douce, et plus parfumée. Ici aussi une barrière atmosphérique récréait les conditions propices à la vie. Il y prospérait une vaste colonie qui s'agglutinait joyeusement dans de gigantesques villes plantées de milles espèces végétales récrées ou inventées de toute pièce. Les humains avaient toujours eu besoin de se rappeler leur Terre originelle. Le commerce de carburant était florissant et de nombreuses compagnies de transport s'y installaient. Une bouffée de joie intense envahit le cœur du Visiteur qui prit une grande inspiration et se lança à la recherche du moyen de regagner son « chez-lui ». Il réussit à convaincre un pilote d'une petite navette touristique de le prendre à l'arrière de son engin et de le déposer dans la prochaine ville.  Le Visiteur ne tenait plus en place, il était de retour. Il se leva pour admirer le paysage en se tenant fermement à une poignée de sécurité pour ne pas tomber sous l'effet de la très grande vitesse de l'appareil. Tout ébouriffé, son manteau claquant dans le vent, il brûlait d'impatience de retrouver sa famille. L'engin s'immobilisa aux abords d'un grand bâtiments à l'entrée de la ville. Le Visiteur remercia encore le pilote, et au moment de descendre il se prit maladroitement le pied dans un câble et dégringola lourdement dans les marches. Quand le pilote se précipita pour lui venir en aide, il resta figé de stupéfaction, en réalisant que le jeune homme ne se trouvait plus là.


Chapitre 5 :
La descente aux enfers


Le Visiteur fut réveillé par son propre hurlement. Une rage infinie s'était engouffrée dans son âme et n'en finissait plus de s'échapper par sa gorge. Quand il eut vidé l'intégralité de ses poumons il suffoqua, toussa, et s'écroula au sol. Il était dans un souterrain, un souterrain abandonné qu'il avait déjà emprunté une fois avec Henry. Il se mit à genou et pris sa tête dans ses mains, se mit à gémir, à pleurer. Il se releva en chancelant et donna un violent coup de boule dans le mur de pierre. Quelques débris de roche et de la poussière s'échappèrent du mur, tandis que le Visiteur retombait à genou en massant son crâne sanguinolent. Il sut sans ouvrir les yeux que son implant ne l'avait pas transporté dans son monde, il était de nouveau coincé ici. Dans ce monde pourri. D'après les râles de plus en plus forts et les bruits des pas qui se rapprochaient de lui et se répercutaient en échos lugubres, les zombies l'avaient déjà flairés. Il se remit debout, chancelant, et se traîna dans les couloirs jusqu'à rejoindre sa planque. Presque au hasard.  
Henry était absent. Le Visiteur se laissa tomber sur une chaise, attrapa sa bouteille de mauvais whisky et avala d'une traite la moitié de son contenu. Il regarda le reflet de son visage déformé par le verre bombé, puis s'éclata la bouteille sur le crâne. Il perdit conscience, cette fois-ci, mais ne changea toujours pas de monde.
Il fallut de la patience à Henry pour remettre sur pied son ami, encore plus mélancolique qu'avant. Il le surprenait parfois à s'éclater une bouteille sur la tête, et revenait de ses excursions avec des plaies et des bosses sur le crâne. Henry supposait que son ami devenait de plus en plus maladroit à cause de sa consommation d'alcool, somme toute assez banale par ici, mais pour le moins inquiétante. Il ne parlait plus beaucoup, et avait besoin d'être occupé, sous peine de sombrer complètement dans la folie. Henry le poussa à retourner dans le passé, voir Raph et continuer les missions pour améliorer leur présent, et leur avenir. Ce qui finit par convaincre le Visiteur de toute l'importance de ces missions, se fut sa rencontre avec une famille de réfugiés, perdus dans le labyrinthe des souterrains, et poursuivis par des mutants. Alors qu'il avait demandé à Henry de ne pas leur ouvrir, ils furent bientôt une famille de quatre personnes à entrer dans leur planque. Henry l'ayant envoyé chier. Le Visiteur avait observé un long moment ce père épuisé, cette mère forte mais effrayée, et ces enfants bien serrés dans les bras de leurs parents. Henry cru son ami simplement ému par cette scène, il ne se doutait pas de l'abîme de douleur qu'elle avait provoqué chez lui. La petite famille resta trois jours avec eux, le temps de reprendre des forces et les quitta après de chaleureux remerciements. Quelques jours plus tard, de retour d'une excursion, le Visiteur revint une fois de plus couvert de blessures et le front sanguinolent. Son œil était tuméfié et ses cheveux empoissés de sang coagulé. Quelque chose avait changé dans son regard, une sorte de résignation y était apparu. Le genre de résolution qu'on finit par prendre quand on s'avoue vaincu, quand on en a marre de foncer dans le mur. Il se lava, soigna grossièrement ses plaies puis replaça sur son bras la machine temporelle.

Henry, Raph et leurs acolytes eurent fort à faire avec les Missionnaires. Le Visiteur s'y plongea corps et âme. Il manqua de tout abandonner une nouvelle fois quand ses amis lui préférèrent leurs ennemis, mais tout rentra finalement dans l'ordre. Ou presque. Judith. Judith fut tuée sous ses yeux. Son cœur s'arrêta quelques secondes. Il perdait encore un être cher. Elle s'était sacrifiée pour qu'ils vivent. Ce geste ultime et noble les avait tous sauvés. Constance le replongea rapidement dans l'urgence de la situation en lui faisant passer la lourde porte blindée du couloir, après que Raul est éloigné les Castaflic à leur poursuite et que le système de verrouillage ait disparu.. Il s'en fallut de peu mais tout deux s'en tirèrent indemnes.
Mattéo finit par apprendre la nouvelle de la mort de la femme qu'il aimait et se lança à la poursuite de Dario pour le tuer. Au mieux. Joseph, lui, voulu se venger de l'abandon qu'il avait subi dans la prison nécrophile des années auparavant. Malheureusement pour lui, sa folie des grandeurs lui fit perdre la tête. Littéralement. Quant à Raph et Stella, le Visiteur ne leur dit même pas au revoir. Les adieux étaient trop durs et les nouvelles qu'il portait avec lui trop difficiles à donner. Il s'attarda un petit peu avec Constance, imagina une seconde un autre futur possible pour elle et lui, pour eux, puis la quitta, elle aussi. C'était impossible.

 La canne à impulsion magnétique de Joseph avait fait grésiller la puce biométrique dans le crâne du Visiteur. Pas l'implant holographique, mais l'implant qu'il avait depuis son enfance. Il s'était encore remis à chauffer et bourdonnait étrangement depuis lors. Henry Van der Castafolt, le robot scientifique rencontré durant son nouveau séjour dans les prisons nécrophiles, le suivit alors dans la planque, et tout deux se mirent à échafauder de nouveaux plans. Il n'était pas à la hauteur de SON Henry, mais celui-ci était resté chez les missionnaires, dans son labo bien équipé et il travaillait sur ses nouvelles missions pour sauver ce monde.
L'explosion se produisit un après midi où brillait un soleil radieux. Leur quête de composants les avaient emmenés assez loin du labo, et après avoir négocié les prix, et la remise en liberté d'Henry qui avait fait encore une bourde, ils reprirent tout deux le chemin du retour. A peine la porte ouverte après avoir pianoté  23805 sur le boîtier de sécurité, le souffle d'une terrible boule de feu les projeta à plusieurs mètres dans le couloir. Encore une expérience foireuse d'Henry qui venait d'exploser dans le labo. Henry se déconnecta instantanément sous le choc et retomba inerte sur le sol, les verres de ses lunettes se brisèrent contre un mur, tandis que le Visiteur chuta lourdement en se cognant violemment la tête.

L'humidité s'infiltra dans ses vêtements et il émergea à moitié plongé dans une grosse flaque d'eau. Il prit sa tête entre ses mains, se secoua pour se remettre les idées en place, et regarda autour de lui. Il était dans une ruelle sombre. Les maisons aux formes arrondies et composées de nombreuses tentures mouvantes au fil du vent le surplombaient de toute leur masse. Venus ! Le Visiteur sauta sur ses pieds, son cœur se mit à battre la chamade et ignorant les lumières blanches qui dansaient devant ses yeux il partit en courant dans le dédale de rues et avenues de la ville. Il s'accrocha à l'arrière d'un aéroglisseur, embarqua clandestinement dans un autre vaisseau, en partance pour... pour SA ville. Une fois sur la terre ferme il courut plus vite que jamais, porté par sa joie immense. Fébrile, il s'engagea entre les maisons familières et ralentit l'allure, savourant chaque instant, respirant pleinement cette odeur si chère à son cœur. Il reconnut au loin un vieux voisin lavant la façade de sa maison, ses petits enfants riants aux éclats à l'intérieur de la bâtisse. Encore quelques pas. Il aperçut enfin sa propre demeure. D'une blancheur immaculée et les voilures solaires flottants dans le vent aux senteurs fleuries. Le soleil couchant illuminait la scène d'une lueur douce et orangée. De nouvelles espèces végétales colorées avaient été plantées à l'avant de la cour parsemée de cette herbe bleue typique de la région. Il s'engagea sur le chemin conduisant à la porte, comme au ralenti. Il franchit les derniers mètres en courant et jeta un œil par la fenêtre du rez de chaussée. Les objets sur les meubles et les cadres au mur réveillèrent en lui les souvenirs d'une autre vie. Lointaine maintenant, et pourtant si proche. Il entendit du bruit et se cacha derrière la haie. Pourquoi il se cachait ? Aucune idée. L'appréhension peut être. Par l'ouverture d'une fenêtre proche il put apercevoir une femme qui portait une pile de livres holographiques dans ses bras. Son visage était dissimulé par la pénombre. Elle avait de belles courbes et des cheveux longs. Derrière elle un grand bruit retentit et la fit se retourner. Elle aida un jeune enfant de sept ou huit ans à se remettre debout et à reprendre lui aussi la petite pile de livres qu'il transportait jusqu'à la table du salon. Quand tous deux eurent déposés leur cargaison, la femme posa la main sur le mur lisse et soudain la lumière des sphères du plafond s'allumèrent. Le Visiteur en eut mal aux yeux et quand il regarda de nouveau dans la pièce il recula de stupeur. C'était elle. Elle était là, à quelques mètres de lui. Il venait de la reconnaître malgré les années passées, il fallait qu'il l'appelle, qu'il la rejoigne au plus vite. Qu'il le prenne dans ses bras contre son cœur. Tout à coup un grésillement puissant se fit entendre tout près de lui. Puis un autre. Soudain un crépitement et une gerbe d'étincelles jaillirent de son avant bras. La machine temporelle avait pris l'eau. De nouveau un bruit étrange s'en échappa, et elle se mit à chauffer. Des chiffres aberrants apparurent sur l'écran et tout se brouilla. Sa puce biométrique réagissait aux parasites de la machine temporelle. Elle entrait en résonance avec elle et s'agitait de plus en plus. Le Visiteur, foudroyé par une intense migraine, tomba sur les genoux et prit sa tête entre ses mains. La machine temporelle se mit à vibrer et siffler comme une furie, entraînant dans sa destruction celle de l'implant dans le cerveau saturé de douleur du Visiteur. Un dernier regard à travers le rideau de sueur et de larmes qui lui brouillait la vue, et le Visiteur sentit le monde se dématérialiser. Quelque chose en lui se brisa, irrémédiablement, et il tomba dans une inconscience salvatrice.

La puce ne fut pas la seule à être détruite dans cet accident, une grande partie de son être se brisa au même instant.
Le Visiteur retrouva la nouvelle planque souterraine, et se fit retirer par Henry les derniers fragments broyés de l'implant. Henry tenta de comprendre ce qui s'était passé, où il avait atterri après l'explosion du labo, mais seule une sourde colère et une tristesse infinie lui répondirent. Quelques mois plus tard Raph et Stella furent aspirés ici même par un portail défectueux bricolé par son ami Henry. Le Visiteur fut emporté dans un nouveau tourbillon d'aventures, parvenant à peine à le reconnecter avec sa nouvelle réalité. Dans sa tête flottait souvent un air de musique dont les paroles commençaient par How to live with it...


Dernière édition par Moumyne le Dim 16 Mar 2014 - 19:09, édité 1 fois
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Foxie le Mer 29 Jan 2014 - 14:32

Grande adoratrice de fanfic, je me suis précipitée ici et... \o/ J'adore !!!
Ta théorie tient bien la route pour les blessures ! Et cette descente aux enfers... Mon dieu le pauvre ! Sad
C'est super bien écrit, franchement j'admire ! Very Happy
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Moumyne le Mer 29 Jan 2014 - 14:34

Ravie que ça te plaise !! Si il y a des choses qui t'ont paru bizarre ou moins bien n'hésite pas à me le dire ! C'est loin d'être parfait Smile Je la relirai plus tard, on général avec le recul je vois mieux ce qui fonctionne pas. Merci d'avoir lu !! Ça me fait très plaisir !
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Foxie le Mer 29 Jan 2014 - 15:03

Mais merci à toi de l'avoir écrit, plutôt ^^
La seule chose qui m'ait un tant soit peu "gênée"...:
... c'est seulement le fait qu'Henry et le Visiteur, lorsqu'ils créent la première machine, puissent voyager deux semaines... dans le futur ! Mais c'est peut-être dû au fait que ce soit une bêta ^^
Sinon à part ce petit détail je ne vois rien de bizarre... !!
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Moumyne le Mer 29 Jan 2014 - 15:10

Oui dans ma tête c'est parce que la machine est pas super fonctionnelle encore, et ils cherchaient juste à se téléporter, c'était pas prévu de voyager dans le futur Smile Mais c'est peut être mla expliqué, je relirai ça. Merci Wink
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Re: [Texte] L'origine des blessures

Message par Cauchy_Taylor le Jeu 30 Jan 2014 - 16:31

Vraiment cool ! J'aime beaucoup l’entremêlement des deux mondes. Et le style est bon. Il faudrait juste, pour fignoler le texte, travailler un poil les transitions entre les chapitres et revoir un peu la "musicalité" des phrases (il reste quelques répétitions de ça de là, ou parfois quelques mots qui pourraient être remplacé par des synonymes plus "jolis").
Par contre, je trouve que la conclusion sur "How to live with it" est un chouïa maladroite: le dernier paragraphe de la chanson tranche un peu trop avec le sensibilité du Visiteur tel que tu l'as développé...
Mais sinon, c'est vraiment du bon boulot !

@Foxie: il est vraiment chou le gif que tu t'es fait en signature Smile
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Re: [Texte] L'origine des blessures

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