[Texte] Le jour d'avant

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[Texte] Le jour d'avant

Message par OrTubage le Sam 1 Nov 2014 - 10:26

Le jour d'avant



Le rythme des gouttes d'eau tombant du plafond avait quelque chose d'apaisant et de soporifique. Le temps semblait se ralentir à l'extrême pour les trois acolytes qui restaient immobiles parmi les pierres, sans un bruit ni un geste, guettant le moindre changement dans l'atmosphère. Une quatrième ombre fit son apparition dans un des nombreux tunnels menant à cette grotte.

- C'est pas trop tôt ! On commençait à croire que tu nous avais plantés Al !

Le nouvel arrivant dévisagea avec morgue la jeune fille d'une vingtaine d'année qui le fixait d'un air furibond. Ses cheveux noirs coupés courts et hirsutes achevaient de lui donner un air de chat sauvage en colère. Un petit sourire narquois se dessina sur le visage grêlé et atrocement défiguré d'Al.

- Al n'est jamais en retard, vous étiez donc en avance ma chère Clothilde, répondit-il, moqueur.
- Mais bien sur ! Vociféra-t-elle en s'avançant, menaçante.

Une main gantée se posa sur l'épaule de la jeune fille et la retint. Il s'agissait d'une femme grande et altière, son visage restait étonnamment harmonieux malgré la cicatrice qui lui traversait le visage de part en part.

- Assez. Donnez nous ce qui était convenu, nous avons la deuxième partie du payement, comme prévu.
- Ma tendre Violette, vois tu nous avons appris que le chargement avait quelque peu été modifié. C'est pourquoi notre arrangement le sera quelque peu également. Ce petit carnet contient toutes les informations que vous convoitez et je vous le cèlerai avec un immense plaisir mais, à mon grand désarroi, je me vois dans l'obligation de vous demander le double de la somme initiale.

- QUOI ?! Mais vous êtes un voleur ! Un infâme, putride et arrogant manipulateur ! Hurla Clothilde.

Le sourire ironique d'Al s'agrandissait au fur et à mesure de l'énumération d'injures plus gratinées les unes que les autres. Soudain une détonation fit vibrer l'air de la grotte. Le sourire d'Al se transforma en une grimace de surprise presque comique et son corps s'effondra au sol dans un nuage de poussière.

- Pourquoi vous vous compliquez toujours la vie toutes les deux ? Soupira la troisième silhouette que tout le monde (même vous !) avait oublié.
- Mix ce n'était pas... Commença Violette.
- Rooh arrêtez donc de toujours critiquer ce que je fais ! C'est le résultat qui compte non ?! Se rebiffa Mix en brandissant le carnet. Et c'est pas comme s'il était mort, ce n'était qu'une décharge de quelques dizaines de volts, tu sais bien qu'on a toujours pas de vrais flingues !
- Et si tu continues comme ça Grand-Ma ne nous en donnera jamais ! Dans tous les cas on a surtout intérêt à décamper d'ici et à regagner le QG. Trancha Clothilde, impérieuse, en se dirigeant vers l'un des tunnels.

Sans une protestation (hormis une grimace de Mix), les deux autres la suivirent et le trio disparu rapidement dans les ténèbres.


- Tu as vu un peu la quantité qui va être transportée Grand-Ma ? Ce sera le coup le plus audacieux et le plus rentable depuis des lustres ! S'exclamait Clothide, totalement exaltée.

Les yeux fatigués de Grand-Ma parcouraient attentivement les pattes de mouches recouvrant le carnet dérobé à Al. Arrivée à la fin du petit livret elle fronça les sourcils, ce qui eu pour conséquence l'apparition de nouvelles rides, ce qui semblait pratiquement impossible au premier abord. Mais le mot impossible n'entrait pas dans le vocabulaire de Grand-Ma. Cette femme âgée de plus de soixante-dix ans n'avait plus à prouver ni sa roublardise ni son impitoyabilité. Deux caractéristiques qui lui avaient permises de s'élever de la boue dans laquelle elle était née jusqu'au centre d'une toile d'informateurs qui s'étendait jusqu'au confins des sous-terrains et même à la surface ! Rusée comme un renard était certainement la phrase la définissant le mieux. Elle avait su exploiter les hommes et aujourd'hui encore elle en récoltait les fruits. Clothilde et Violette, ses deux petites filles en étaient les parfaits exemples. Mais elle commençait à se sentir lasse et aspirait à une retraite bien méritée. Et elle ne comptait pas la passer dans cette grotte humide qui lui donnait des rhumatismes. C'est dans ce but qu'elle avait décidé de se lancer dans cette folie.

Une goutte d'eau froide vint s'écraser sur le dos de sa main, la tirant de ses réflexions. Clothilde la fixait toujours, attendant son approbation. Un hochement de tête plus tard et la jeune fille parcourait en courant la grotte aménagée qui leur servait de QG, rassemblant les troupes.

Les flammes éclairant la voûte de la grotte semblaient animées d'une vie propre. Le foyer était si imposant qu'il permettait de distinguer le haut plafond parsemé de stalactites tellement monumentales qu'elles semblaient sur le point de chuter.

Grand-Ma, les deux sœurs ainsi que les jumeaux Mix et Max étaient réunis pour mettre au point l'improbable braquage. Ils étaient sur le coup depuis plusieurs mois maintenant et même le réseau de Grand-Ma avait eu du mal à dénicher les informations nécessaires. Dans deux jours, le plus grand chargement de Wizz jamais organisé allait passer à proximité. Et il semblerait même que la cargaison avait été triplée. De quoi tenir un dizaine de siècles la panse bien remplie.

- Si le carnet d'Al est bien à jour, le trajet s'effectuera à une dizaine de kilomètres d'ici, déclara Grand-Ma.
- Sérieux ?! Mais ça va être bidon, on a une de ces chances ! S'extasia Mix.
- A un détail près mon petit, ils passeront par la surface.
- Un grand silence accueillit cette dernière phrase.
- Ils ont perdu l'esprit ?... questionna Violette.
- Au contraire, je pense qu'ils y ont bien réfléchi. Les zombies valent mieux que nous et ces fils de foin de fumier d'aristocrates préféreraient encore que leur cargaison moisissent à la surface plutôt qu'elle ne finisse entre nos mains, déclara Clothilde, hargneuse.
- C'est exactement mon avis ma petite. Il va falloir être prudents là haut. Mais une chose est sûre, ils ne s'attendront pas du tout à notre petite intervention ! Et nous en profiterons allègrement, ricana la vieille femme, un sourire de sadique aux lèvres qui fit même frémir Mix.


L'usine désaffectée possédait plusieurs étages et s'ouvrait sur un passage étroit que devait emprunter la cargaison. Le lieu rêvé pour un guet apens. Même la décoration avait quelque chose d'encourageant : sur une des parois un chat et un RTI (Rongeur de Taille Inhabituelle) momifiés se livraient à une course poursuite où le félin était la proie. Aujourd'hui, ceux qui s'imaginaient être les prédateurs se retrouveraient brusquement avec le rôle inverse.
Allongés dans la poussière du deuxième étage, au bord du vide, les jumeaux et Clothilde attendaient le signal. Soudain un roucoulement de pigeon se fit entendre. Le trio recula et les jumeaux se relevèrent dans l'ombre.

- C'est parti les gars ! A vous de jouer mes Opérateurs ! Chuchota Clothilde.
- Cassé dans son élan, Max se retourna en haussant un sourcil interrogateur.
- Tes quoi ?...
- Mes Opérateurs ! C'est à vous d'opérer l'opération quoi ! Expliqua rapidement Clothilde.
- Mais toi tu n'opères pas ?... Continua Mix, indécis.
- Mais si ! Mais c'est vous qui débutez l'opération, vous êtes donc les Opérateurs, s'exaspéra-t-elle.

Les jumeaux échangeaient un regard sceptique quand Clothilde poussa les deux adolescents vers l'escalier avec un grondement de fureur.

- Bougez vous donc bande d'attardés ! Furent les derniers mots d'encouragements qu'ils entendirent de leur adorable cousine.

L'Opération venait de débuter.


Il avançait d'un pas lent et trébuchant. Il avait faim. Et une formidable odeur venait de lui chatouiller les narines. Son odorat sur-développé lui indiquait le chemin à suivre et toute sa misérable carcasse se concentra sur ce but. Il n'était pas comme ces arrogant ZQC (Zombies Qui Courent) qui passaient leurs journées à étaler leur supériorité en les bousculant. Non. Lui, comme tous les ZQM (Zombies Qui Marchent) savait que rien ne sert de courir, il faut partir à point.


Camouflés par une couverture puante et moisie, les jumeaux observaient le rassemblement de zombies. Ils avaient concocté une recette connue de Grand-Ma à base de viande de RTI moisie, mélangée à du jus de chaussette trouée. Ils l'avaient étalée sur le sol de l'usine. L'odeur qui s'en dégageait, en plus de rendre l'air totalement irrespirable, avait l'étrange faculté d'attirer les zombies, surtout les ZQM.

La première partie du plan se déroulait sans accrocs. Pour le moment.

Il y en avait maintenant plusieurs centaines .C'était suffisant. La deuxième partie du plan pouvait commencer.
Mix, je le sens pas ce plan... Chuchota Max, tremblant.

- Oh non Max ! Tu vas pas me lâcher maintenant, sérieux ! Aller courage là, c'est pas compliqué ! S’énerva son frère, impatient.
- Mais regarde comme ils sont nombreux !...

Comprenant que l'engueuler ne servirait à rien, Mix adopta une autre approche.

- Ecoute. C'est très simple, tu auras juste à me suivre, OK ? Tu ne cours aucun danger, je te protégerai tu verras ! Et tu ne partiras tout seul que quand tu te sentiras prêt.
- Si tu le dis...

Il saisit le visage de son frère entre ses mains et murmura.

- Tu ne vas pas laisser Clothilde te traiter de lâche incapable ! Tu peux le faire ! Les balls c'est dans la tête, et je sais que tu en as ! T'es mon jumeau après tout.

Max releva la tête et la peur quitta son regard. Satisfait, Mix se positionna, aussitôt suivi de son frère. Ensembles ils comptèrent jusqu'à trois, jetèrent la couverture malodorante et se mirent à frapper sur des casseroles usées en hurlant.


Halte. Silence.

La caravane de tête s'immobilisa dans un grincement de métal rouillé. La moitié du chargement était engouffrée dans la passe et chacun était sur ses gardes. C'était l'endroit idéal pour tendre un piège et bien que la probabilité que quelqu'un soit informé du convoi soit faible, voire pratiquement inexistante, tout le monde était nerveux.

Un homme vêtu de noir rejoignit l'officier chargé de la sécurité du chargement.

- Que se passe-t-il ? Pourquoi nous arrêtons nous ?
- J'ai cru entendre des cris.
- Justement, vous avez "cru". Or mon employeur ne vous demande pas de "croire" ou même de "penser", il vous demande d'obéir et de lui livrer ce chargement le plus rapidement possible, lui répondit froidement l'homme-en-noir. Alors dépêchez vous de reprendre la route.
- Avec tout le respect que je vous dois Monsieur, il serait plus prudent de faire demi-tour et de passer par la grande plaine. Cet endroit rend les hommes nerveux, et à juste titre. De plus nous ne sommes pas assez nombreux, le chargement prévu était trois fois plus petit et nous sommes organisés en conséquence... Face à une attaque frontale nous n'aurons aucune chance, déballa rapidement l'officier.
- Y a-t-il quelque chose que vous n'avez pas compris dans la succession de mots qu'est "reprendre la route" ? Interrogea l'homme, menaçant.

L'officier pâlit et recula d'un pas, vaincu.

- Non, c'est très clair Monsieur. A vos ordres Monsieur.

L'officier fit demi-tour et aboya ses ordres, quelques instants plus tard le chargement repartait, droit dans la gueule du loup.

- C'est bon, ils sont trop engagés dans la passe pour faire demi-tour, Grand-Ma, chuchota Violette en reprenant son souffle.
- Pour l'instant, tout se déroule à merveille. Il est temps de passer à l'étape suivante. Occupons nous des marmites ma petite ! Espérons que les jumeaux seront synchro.

Les deux femmes échangèrent un regard complice avant de gagner leurs postes.


L'homme-en-noir avait regagné sa caravane et tournait maintenant en rond. Ce voyage n'en finissait pas ! Et ce satané officier qui réfléchissait trop, il ne manquerait pas de le démettre de ses fonctions une fois à bon port. On ne parlait pas avec une telle impudence au grand Joffroy ! Il représentait son maître, ce richissime propriétaire de mines qui avait aujourd'hui besoin de ce chargement pour éviter que ses "ouvriers" ne meurent de faim et d'épuisement.

Enfin bref, vivement que ce soit terminé, qu'il puisse retrouver son confortable et luxueux foyer !

Des cris d'alarme le tirèrent de ses réflexions. Sa caravane s'arrêta à nouveau. Frustré qu'on ne respecte pas ses consignes il se précipita dehors pour régler son compte une bonne fois pour toute à cet officier. Le spectacle qu'il découvrit ne présageait rien de bon. Les soldats couraient en tout sens, jetant des regards vers le haut de la falaise à leur gauche. Intrigué, le Grand Joffroy leva les yeux juste à temps pour voir une ombre longeant le précipice à toute vitesse, prélever une sorte de bâton et continuer sa course. Alors qu'il s'interrogeait sur l'identité de cette personne et sur son étrange manège un grondement lui parvint et il eu juste le temps de voir une masse verdâtre tomber du ciel, droit sur sa prestigieuse personne.


Et de cinq ! La moitié était déjà déversée et avait fait mouche comme en témoignait les cris de dégoût et de surprise provenant du bas du précipice. La mélasse absolument répugnante de Grand-Ma avait quelque chose de diabolique dans la façon dont elle se collait aux vêtements et à la peau pour ne plus s'en détacher. Vous aviez beau frotter, la pâte visqueuse restait obstinément fondue à n'importe quelle matière. Et cette odeur !... Violette était persuadée que la respirer plus de quelques minutes pouvait vos priver de votre odorat pour quelques semaines, si ce n'est à vie !

Violette risqua un coup d’œil vers le fond de la passe et ne pu s'empêcher de pousser un soupir de frustration. En retard, comme toujours... Elle espérait seulement qu'ils ne tarderaient pas trop, elle ne souhaitait pas se faire pourchasser par cette bande de soldats bien mieux armés qu'elle.

Au moment où elle se faisait cette réflexion, un mouvement à l'extrémité de son champ de vision attira son attention. Ce devait être l'un des jumeaux. Rassurée, elle força l'allure et continua sa répugnante besogne.


Les jumeaux s'étaient séparés alors qu'ils traversaient le rez-de-chaussée de l'usine. Max était parti accompagné de son estimée escorte de zombies vers l'arrière du chargement tandis que Mix se chargeait de l'avant. Il espérait surtout que son frère ne paniquerait pas et maintiendrait une allure adaptée aux zombies même si c'était extrêmement stressant. Quoi de plus terrorisant en effet que de servir volontairement d'appât à une horde de zombies qui n'abandonneraient la chasse qu'une fois leur tête séparée de leur corps ?... Mais il fallait avouer que cette petite armée serait des plus utiles.

Mix dépassa l'un des murs encore debout du bâtiment et arriva en vue de la voiture de tête. Son rôle s’arrêtait là. Il observa attentivement les alentours et finit par localiser une corde pendant de l'étage supérieur, à la limite de l'usine.

Encore un petit effort... Se murmura-t-il pour lui même, avant de foncer vers sa sortie de secours.
Il sauta et empoigna la corde. Alors qu'il se mettait à grimper, une secousse faillit le faire dégringoler. Baissant le regard, il vit avec horreur une main décharnée agrippée à sa cheville. Le zombie devait surement venir de salles annexes.

Paniqué, Mix se tortilla, espérant échapper au cadavre ambulant à moitié suspendu à son pied. Mais les zombies sont coriaces et ce dernier avait particulièrement faim. Une deuxième main se leva et empoigna sa jambe juste au dessus du genoux cette fois-ci. Le zombie leva sa tête et Mix croisa son regard idiot et vide. Une grande bouche édentée s'ouvrit et s'approcha dangereusement de sa jambe. Désespéré, le garçon ferma les yeux, comme ci cela lui permettrait d'échapper à la réalité.

Mais un bruit sourd suivit d'un grognement se firent entendre. Mix entrouvrit les yeux lorsqu'il sentit la pression diminuer sur sa jambe. Il fut brutalement tiré vers le haut, échappant de justesse à plusieurs paires de mains avides de chair fraîche. Le reste de son troupeau venait d'arriver à sa hauteur et rageait devant leur proie envolée.

Mix se retrouva étalé sur le sol du premier, essoufflé.

- J'ai bien fait de vous surveiller tous les deux... C'était presque un sans faute ! S'amusa Clothilde, souriante, en remontant la corde.


Son petit cœur tout mou se serra un peu plus devant cette triste destinée... Il commençait à être las d'accumuler échecs sur échecs. Encore une fois, un succulent repas venait de s'envoler !... Notre pauvre petit ZQM sentait même une pointe de découragement dans sa pauvre poitrine défoncée d'où pendaient divers organes, comme un morceau d'intestin ou encore un foie en lambeau. Mais ce petit moment d'abattement disparu rapidement lorsque que la délicieuse odeur qui l'avait auparavant attirée refit son apparition.

Comme mus par une seule et même volonté, le troupeau de zombies reprit sa marche cahotante, droit sur le succulent repas qu'était le chargement de wizz et surtout les hommes recouvert de liquide vert.


Furieux que son magnifique manteau noir soit définitivement bon à jeter, le grand Joffroy écumait de rage et d'impuissance contre cette saleté d'ombre qui disparaissait en haut de la falaise. Il avait bien essayé d'ordonner à des soldats de la rattraper mais le chaos général empêchait son indiscutable autorité de faire effet. Un cri réussi toutefois à couvrir le brouhaha général.

- Des ZOMBIES !

Soudain beaucoup moins sur de lui, le grand Joffroy se fraya un passage vers la voiture de tête et ce qu'il vit le glaça d'effroi : une armée de zombies leur faisait face. Ils étaient au moins une centaine, tous plus décharnés et morts les uns que les autres. Et ils avançaient, doucement mais surement, telle une infanterie des enfers, avec des grognements sinistres.

Ils n'avaient pas le choix, ils ne faisaient pas le poids. Alors qu'il ouvrit la bouche pour hurler l'ordre de se replier, l'officier responsable de la sécurité brailla avec une voix rendue aiguë par la peur :

- Demi-tour ! Tous ! Ou nous sommes morts !

La panique se répandit comme une traînée de poudre et ce fut la débandade. Les hommes abandonnaient les voitures du convoi, désertaient leurs postes et se précipitaient vers la sortie de la passe. Les lèvres du grand Joffroy se pincèrent sous l'effet de la frustration et le coin de sa bouche frémit de colère, une bonne partie du chargement venait tout bonnement d'être abandonnée et cet idiot d'officier en était le responsable. Il le payerait. Mais pas maintenant. Tournant les talons, il s’élança dans l'autre sens, essayant tout de même d'éviter les flaques de boue.


Le trio haut perché avait une vue imprenable sur le monstrueux spectacle qui se déroulait dans la passe. Croyant avoir réussi à échapper aux zombies, les soldats avaient vite déchantés quand ils s'étaient trouvés confrontés à la seconde partie de l'armée des zombies amenée par Max. Ce dernier venait juste de rejoindre son frère et sa cousine quand les combats débutèrent. Bien que leur plan fut un total succès, ils ne purent réprimer un frisson d'horreur en voyant les hommes tomber les uns après les autres, dévorés vivants par ces cadavres ambulants sans aucune pitié.

L'affrontement, ou plutôt la boucherie, dura pendant moins d'une heure et fut un véritable carnage. Bientôt les cris d'horreur et d'agonie laissèrent placent aux grognements de contentement des zombies qui avaient un véritable festin à leur disposition.

Comme hypnotisés, les jumeaux fixaient toujours le sinistre spectacle en contrebas quand leur cousine les tira de leur torpeur pour rejoindre Grand-Ma et Violette.


Deux jours s'étaient écoulés et les zombies commençaient seulement à se disperser. La bonne viande commençait à manquer et un zombie à éternellement faim : il était temps de partir à la recherche de nouvelles victimes.
Par prudence, le petit groupe décida de patienter encore une journée avant de se risquer en bas, ce n'était pas le moment de tout gâcher.


Mix marchait sur la pointe des pieds en retenant sa respiration. Il cherchait à la fois à éviter d'attirer l'attention des potentiels zombies restants mais aussi celle de son frère qui était de garde. Il avait choisi cet instant avec soin, il n'était pas question de se risquer dehors alors que Violette ou Clothilde montait la garde, cela aurait été perdu d'avance. Il n'était pas question de les laisser s'en mettre plein les poches, il savait très bien comment ça allait se dérouler ensuite : Grand-Ma allait tout décider et il n'aurait qu'une toute petite partie du trésor ! C'était hors de question. Personne ne connaissait la quantité exacte de wizz, s'il en prenait une petite partie pour ses besoins personnels, personne ne s'en rendrait compte. Il allait se péter le bide et il en salivait d'avance. Fini cette douleur sourde dans son estomac, fini les nuits où le sommeil fuyait devant sa faim dévorante ! Il ne put retenir un sourire jusqu'aux oreilles à cette pensée plus que plaisante.

Il venait d'atteindre les caravanes du chargement et il se glissa contre l'une des parois. Il la longea jusqu'à la porte et actionna la poignée. C'était bloqué. Il força un peu, secoua, tira et frappa, oubliant toute prudence, mais rien n'y fit. Elle était fermée à clé. Frustré, il passa à la caravane suivante en espérant avoir plus de chance.
Il se glissa vers la voiture suivante quand il cru entendre un bruissement derrière lui. Il se retourna vivement et ...


- Ou est encore passé ce fil de foin de FUMIER ??!

La voix de Clothilde tonna dans le campement et acheva de réveiller Grand-Ma. C'était pratiquement l'aube et la jeune furie cherchait son cousin depuis plus d'une demie-heure, c'était son tour de garde. Elle pensait d'abord qu'il était partie satisfaire un besoin naturel et elle avait attendu. Mais sa patience avait des limites (pas très lointaines il faut l'avouer) et elle avait vite perdu son calme.

- Calme toi ma petite, il ne peut pas être bien loin, dit Grand-Ma d'une voix apaisante.
- Mais quel petit bâtard ! Il vient de nous planter Grand-Ma j'en suis sûre ! C'est un sale fourbe on n'aurait jamais dû lui faire confiance.
- Il n'est pas aussi mauvais que tu ne le crois, et je pense savoir où il est allé.


La première chose qu'il perçut fut un mal de tête si violent qu'il crut un instant glisser à nouveau dans l'inconscience. Mais il s'accrocha à la réalité et parvint même à entrouvrir les yeux. Noir. Presque total. Une petite lueur parvenait néanmoins à percer presque à la hauteur de ses yeux. Il se sentait tout retourné, flottant. Il essaya de remuer et ne pu bouger d'un pouce, il était ligoté. Ses efforts pour se libérer le rendirent nauséeux et il ressentit comme un balancement dans tout son corps.

Il entendit alors des bruits discrets au dehors et des chuchotements. Il tenta de crier et c'est là qu'il se rendit compte qu'il était également bâillonné. Un bruit juste derrière lui le fit sursauter et une voix lui murmura à l'oreille :

- Fais un seul bruit et tu es mort.



Grand-Ma, Violette, Clothilde et Max avançaient prudemment.

- Vous êtes sûres qu'il n'y a plus aucun zombie ?.. Murmura Max, craintif.
- Si on en était sûres on n'avanceraient pas aussi lentement, imbécile, lui répondit Clothilde, hargneuse.
- Taisez vous ! les réprimanda Grand-Ma, j'ai cru entendre quelque chose.

La petite troupe se figea, à l'écoute. Soudain, un mouvement attira leur attention à la périphérie de leur vision et un homme tout de noir vêtu s'extirpa de l'ombre.

- Bien le bonjour mes chers invités ! Les salua-t-il en exécutant une courbette.

L'attitude de ce personnage si sûr de lui ne disait rien qui vaille à la septuagénaire qui le jaugeait sans mot dire.

- Et bien ? Ne soyez donc pas si timides ! J'ai déjà accueilli chez moi un membre de votre charmante petite famille et il se trouve qu'il apprécie énormément mon hospitalité.

Clothilde ne put s'empêcher de répondre à la provocation en fonçant droit sur cet espèce d'intendant imbu de lui même.

- Où est-il ?? Où est Mix sale fils de foin de fumier ?!! Lui cracha-t-elle au visage.
- Voyons très chère, inutile de nous emballer ! Il est en vie et indemne. Enfin il me semble.

Alors que Clothilde prenait son souffle pour lui lancer une nouvelle salve d'injures, ce fut Violette qui surpris tout le monde en prenant la parole, d'une voix étonnamment calme et posée.

- Qui êtes-vous et que voulez vous ?
- Enfin quelqu'un de rationnel ! S'exclama-t-il, je me nomme Joffroy.
- Et que nous voulez vous ?

Jusqu'ici étrangement joyeux, le visage du Grand Joffroy se ferma tout à coup. Ses yeux se plissèrent et devinrent menaçants alors que sa bouche se réduisait à un simple trait crispé.

- Ce que je vous veux hein ? Je ne suis pas sur que vous souhaitiez réellement le savoir...

Il balaya du regard les différentes voitures et quand ses yeux revinrent vers le groupe silencieux, ils étaient emplis d'une colère froide et impitoyable. Contre toute attente, il se mit à glousser. D'abord agité de petits soubresauts, il finit par réclater d'un rire qui était tout sauf joyeux.Un rire des plus sinistres.

- Je vais vous le dire moi, bande de sales voleurs, ce que je veux ! Je veux votre VIE ! A tous ! Vous qui avez osé détruire ma vie ! Ma carrière est fichue, je suis fichu, le Grand Joffroy est fichu ! Plutôt mourir que de rentrer bredouille et se retrouver à nouveau en bas de l'échelle, jamais ! Mais avant ça, vous allez payer ! Tous autant que vous êtes, vous et vos infâmes plans de lâches ! Vous voyez ce revolver ?? Il me donne droit de vie et de mort sur quiconque se dresse sur mon chemin, et vous êtes en plein dessus !

Alors que cet énergumène pas tout à fait sain d'esprit déballait sa vie comme le font souvent les méchants, Clothilde s'était glissée derrière l'une des caravanes. Totalement absorbé par son discours palpitant, le Grand Joffroy ne s'était même pas aperçu de quoi que ce soit. Il en était à sa période d'adolescent refoulé et pleins de boutons lorsqu'il reçu la pierre en plein sur la tempe et qu'il s'écroula comme une poupée de chiffon.
Effarés, Max, Violette et Grand-Ma fixaient Clothilde, radieuse, qui tenait un caillou taché de sang dans sa main gauche.

Il faut savoir reconnaître le potentiel de certaines techniques ! Et puis c'est pas comme s'il était mort non plus ! Il est juste... Ah bah non, il est mort. Finit-elle par déclarer, en cherchant son pouls. Mais au moins j'ai le passe-partout des caravanes !



Après maintes et maintes discussions, ce fut finalement Clothilde qui fut désignée comme responsable du chargement de wizz. Pendant plusieurs jours (et après avoir délivré Mix qu'ils avaient quand même laissé mariné quelques heures pour lui faire passer l'envie de trahir qui que ce soit à l'avenir) ils avaient été affairés à transporter l'entière cargaison dans un repaire secret connu d'eux seuls et cette dernière journée de labeur s'était achevée par la nomination de la jeune fille. Grand-Ma voulait simplement avoir sa retraite bien méritée, Violette n'aspirait pas du tout à ce genre de rôle, Max ne s'était même pas prononcé et Mix avait été jugé trop "jeune" à l'unanimité. En réalité tout le monde s'accordait sur le fait qu'il était indigne de confiance, même lui !... Une seule condition avait été imposée par Grand-Ma pour équilibrer le tout : que Violette soit conseillère de façon à freiner les ardeurs de Clothilde.

Les premières mesures prises par la jeune fille qui, quoi qu'un peu impulsive, avait de la suite dans les idées, fut la protection de leur prise. Ils s'évertuèrent alors à recruter des mercenaires et de la main d'oeuvre dans les sous-terrains pour débuter la construction de remparts et ainsi parer à toutes agressions extérieures.
L'entreprise ainsi commencée mis plusieurs mois à se concrétiser mais le résultat en valait la peine. Payés en wizz, tous les employés de tout juste ouverte. Cet arôme, cette odeur, et cette texture ! Irrésistible. La réputation de ce qu'on pouvait alors appeler un hameau grandissait de jours en jours, attirant des humains qui aspiraient à la sécurité et à la satiété.

Au fil des ans, le petit hameau se transforma en village, puis en petite ville avant de s'affirmer comme la plus grande ville présente à la surface. Devant le succès fulgurant de leur entreprise, le petit groupe finit par s'autoproclamer nobles et la ville fut rebaptisée Néo-Versailles.

Clothilde finit par trouver quelqu'un d'aussi lunatique et impétueux qu'elle parmi les nouveaux arrivants. Clothilde 2 vit le jour dans un environnement paisible et hérita du tempérament bien trempé de sa mère. Elle lui succéda et entreprit de poursuivre le projet commencé par sa mère.

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[Concours] Texte 2 : Le jour d'avant

Message par Tanuki le Mar 4 Nov 2014 - 22:03

Point modo concours :

Ce texte a été écrit dans le cadre du concours de textes 2014 "L'écrivain du futur" (cliquez sur ce lien si vous voulez savoir les consignes, thèmes et contraintes d'écriture, auxquelles étaient soumises la création de ce texte). Pour cette raison ne vous étonnez pas des premiers commentaires que vous pourrez lire. Ils ont été écrits au cours de ce concours durant lequel l'auteur était anonyme. ^^

Si ce concours et les textes qui ont été écrits dans ce cadre vous intéresse, vous trouverez les liens de chacun d'entre eux sur la page des résultats du concours.

Merci à vous !


Dernière édition par Tanuki le Dim 1 Mar 2015 - 16:02, édité 3 fois

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Malédiction de l'éternelle seconde aux concours FFF : Razz

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Re: [Texte] Le jour d'avant

Message par JurassicBlack le Mer 5 Nov 2014 - 21:48

J'ai mis du temps à savoir où l'auteur voulait en venir, et, finalement, j'ai bien accroché à l'histoire et aux personnages ! Smile
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Re: [Texte] Le jour d'avant

Message par Zazu le Jeu 6 Nov 2014 - 22:00

Très sympathique ton texte ! J'ai bien aimé l'écriture et le suspens, ainsi que toutes les références à Frenchnerd !
Ah ! Et les mots imposés sont tellement bien insérés dans le texte que je n'y ai même pas fait attention, bien joué !
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Re: [Texte] Le jour d'avant

Message par Aegir Sarlon le Lun 24 Nov 2014 - 18:06

Un peu pareil que JurassicBlack, j'ai trouvé le texte un peu fouillis et j'ai eu du mal à rentrer dedans. Il aurait fallu organiser un peu mieux les dialogues aussi pour bien marquer la différence entre narration et échanges entre les personnages.

En tout cas je trouve ce texte plutôt bien écrit et les mots imposés passent en effet inaperçus.
Bravo ! cheers
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Re: [Texte] Le jour d'avant

Message par Mimmy le Ven 28 Nov 2014 - 20:51

Au contraire moi le "fouillis" ne pas dérangé le moins du monde. J'ai même trouvé que ça a rajouté quelque chose de plus au texte... :-)

Bravo ! cheers
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Re: [Texte] Le jour d'avant

Message par yao le Dim 7 Déc 2014 - 21:17

J'ai tout de suite su où tu voulais en venir avec ton histoire et j'ai bien aimé malgré un début "pas si évident".

La référence à Game of Thrones est trop marrant, bien joué xD

L'écriture est bonne (malgré quelques fautes d'ortho) et l'histoire en soi est très bien imaginée et cohérente avec les données fournies par François.

Vraiment, j'ai beaucoup aimé ! Very Happy

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Re: [Texte] Le jour d'avant

Message par Louwizz le Lun 15 Déc 2014 - 21:03

J'ai aimé les risques pris, vraiment. C'est ambitieux comme scénario, mais ça paye, c'est original. Comme yao, la référence à GoT m'a arrachée un grand sourire. J'ai aussi aimé le travail sur les personnages. Smile

Un petit bémol pour l'aspect un peu fouillis et les quelques fautes d'orthographe, mais ça reste un avis très positif pour moi ! Smile
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Re: [Texte] Le jour d'avant

Message par maribanbelle le Dim 28 Déc 2014 - 4:39

C'était sympa Smile
J'ai bien aimé le style d'écriture et je trouve intéressant d'avoir traité de cet événement.

Par contre j'ai aussi relevé l'aspect fouillis qui m'a un peu gêné. Et perso j'ai trouvé un peu compliqué de bien suivre avec tous ces nouveaux personnages/lieux etc., j'avais du mal à tout bien visualiser.
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