[Fan-fiction VDF] Du simple au Double

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[Fan-fiction VDF] Du simple au Double - Page 2 Empty Re: [Fan-fiction VDF] Du simple au Double

Message par DaraDjinn le Mar 29 Jan 2019 - 20:34

Voilà la toute dernière fournée ! Je n'osais pas la poster sans être tout à fait satisfaite de l'état de l'épilogue que j'ai retravaillé sans cesse. On commence plus facilement des histoires qu'on ne les termine ^^
Au programme: de l'émotion, de la bagarre, des effets spéciaux et plus de bagarre et une surcouche d'émotion.

Chapitre 12:
Après une succession d’escaliers Renard finit par s’arrêter pour reprendre son souffle, il n’avait aucune chance de semer un robot. Henry s’arrêta à côté de lui, il haletait également. Ils étaient proches de la surface, un petit rayon orange de soleil couchant éclairait le fond du couloir.
Subitement, le docteur le saisit par le col et le plaqua contre un mur.

– Espèce d’irrécupérable abruti dégénéré ! Il est mort par ta faute !

Renard lui saisit les mains et essaya vainement de lui faire lâcher prise.

– Je suis désolé, Henry. Ça devait arriver comme ça !

Le docteur le secoua énergiquement, le crâne de Renard heurta le mur derrière lui. Il grimaça et cessa de se débattre.

– C’était mon petit ! Mon pauvre petit !

– C’était pour le mieux ! gémit Renard.

Henry desserra les mains et baissa la tête. Il cilla à plusieurs repise, puis il fronça les sourcils et sa bouche se tordit en un rictus amer.

– Pour le mieux ? Quel genre de monstre êtes-vous, pour sacrifier une innocente machine et prétendre que c’est pour le mieux ?

Le chuintement d’un transport temporel s’était fait entendre sur leur gauche. Tout à son chagrin et sa rage, le docteur ne l’avait pas entendu.
Renard tourna la tête et aperçu une silhouette familière aux yeux brillants. Les grincements métalliques retentirent dès que celle-ci se mit en marche. Henry suivit son regard.

– Qui va là ? questionna-t-il en scrutant les ombres.

La créature tendit un bras drapé de lambeaux de tissus et émit cri rauque, à mi-chemin entre un râle humain et un grincement de plomberie.
Renard cria et poussa le docteur, lui sommant fuir l’apparition infernale au plus vite. Henry prit ses jambes à son cou sans demander son reste.
Le grincement métallique se mua en hoquets successifs. Le nouveau venu riait, ses épaules s’agitaient en rythme. Il s’avança dans la lumière et Renard lui rendit son sourire.

– Salut Henry.

Le visage du Castafolte ressemblait à ceux des vieilles poupées de porcelaines cassées. Craquelé de toutes part, des morceaux de peau lui manquait sur les joues et le front, laissant voir une partie de la machinerie interne. Mais sa moustache restait intacte.
Ses yeux aux iris brillant avaient pris un inquiétant aspect inhumain. Comme deux billes de verre noircies qui roulaient en crissant dans des orbites creuses. Chacun de ses mouvements était source d’un grincement sinistre.
Lors du redémarrage de la réalité, il avait été emporté hors du temps avec le Visiteur. Cependant, Argent s’était débarrassé de lui, en le poussant de face à travers le mur ondulant. S’ils n’avaient pas déjà eu assez de raison d’arrêter Argent, voilà qui scellait leur décision.
Lorsqu’ils s’étaient croisés, il y a quelques mois pour Henry et tout juste quelques heures pour Renard, ils avaient eu l’occasion de rattraper le temps perdu et de planifier ensemble les prochaines étapes de leur plan.
Depuis qu’il l’avait vu, se réparer n’avait clairement pas été la priorité d’Henry et ce n’était pas beau à voir. Au moins, ils étaient bien assortis tous les deux.

– Ѧһ ! Ċommєňţ ıʟ ѧ єu ʟѧ ţяouıʟʟε ! s’exclama Henry, avant de se tourner vers Renard. Ċoňţεňţ dє ţε яενoıя, moň νıєıʟ ѧmı. Jε νoıš quє j'ѧяяıνє pıʟє ѧ ţεmpš.

– Je maitrisais parfaitement la situation. Sinon, ça ne va pas mieux ta voix, hein ?

Henry secoua la tête et haussa les épaules. Il donna l’impression de s’éclaircir la gorge et articula difficilement :

– Δ8§σ1vɰδ#τ ρΔ§.

Les yeux du Visiteur s’agrandirent comme des soucoupes devant la prouesse vocale ponctuée de bips et de bruits de lecteur disquette.

– Répète ça pour voir ?

Henry se frappa sur le torse, puis émis quelques cliquetis et bips inquiétant.

– M0n pr0gr4mm3 d3 syn7h3s3 v0c4l3 4 3t3 c0rr0mpu, dit Henry avec un certain agacement. J’y 7r4v41ll3, m415 c’35t 3nc0r3 un3 b374.

– J’ai l’impression qu’il y a du mieux. Dit « sècheresse » ?

Henry roula des yeux, mais se plia tout de même à la requête :

– 53ch3r3553 ?

Le Visiteur leva vivement une main devant ses lèvres et retint difficilement un rire. Il la rabaissa après s’être composé une expression a peine plus sérieuse.

– Ouais… à défaut de mieux, reste là-dessus quand même, tu veux bien ?

Henry hocha la tête. Les deux hommes se regardèrent avec le sourire aux lèvres. Finalement, Renard franchit le cap :

– Tu m’as manqué.

Le Visiteur couvrit la distance qui les séparait et serra son ami dans ses bras. L’embrassade s’éternisa assez pour que Renard sente une bosse suspecte, il s’éclaircit la gorge.

– Bah dit, t’as une banane dans la poche ou t’es vraiment content de me revoir ?

Henry recula et tira de sa blouse un objet que le Visiteur avait espéré ne jamais revoir de toute sa vie. La machine de Van Der.
Renard fronça le nez en observant l’engin sous différents angles. Il avait subi de lourdes modifications. Des câbles de multiples couleurs en dépassait de tous les bords, et certains éléments électroniques tenaient sur l’appareil avec du ruban adhésif.

– Ah ouais quand même. Pourquoi est-ce que tu as ce truc avec toi ?

– J3 tr4v41ll415 d355u5 4v4n7 d3 p4r71r. Un c0up d3 ch4nc3, n’357-c3 p45 ?

Renard fit la moue et inspira brusquement. On avait vu mieux comme coup de chance, mais à ce stade des opérations, il prendrait ce qu’on lui donnait.

– J’en ai enfin terminé avec les missions de mon Double, annonça-t-il. Et j’ai comme dans l’idée qu’Argent ne va pas venir me chercher, maintenant que je ne lui sers plus à rien.

– 1l n3 r1squ3 p45 d3 v3n1r t4nt qu3 c3c1 35t 4ct1f.

Un second appareil émergea de sous la blouse du docteur. Le détecteur de perturbation temporelle avait été transformé de petite tablette pratique en une épaisse boite dotée entres autres de trois antennes, d’un clavier mou et toute une série de diodes colorées. Il y avait, là aussi, beaucoup de ruban adhésif. L’appareil émettait un discret ultrason à la limite de l’audible.

– S0rt1r d3 l4 r34l173 4 gr4nd3m3n7 4l73r3 s0n f0nc710nn3m3n7, expliqua Henry. J’41 pu l3 tr4nsf0rm3r 3n 3m3773ur d3 p3r7urb4710n5 4v3c qu3lqu35 b1d0u1ll4g35.

Le docteur irradiait de fierté en présentant sa nouvelle invention. Pas de doute, c’était bien son Henry. Ce dernier lui tendit soudainement la machine de Van Der, mais le Visiteur n’esquissa même pas un mouvement dans sa direction.

– Tu viens avec moi dire ses quatre vérités à Argent ? lança Renard avec entrain.

Henry secoua la tête.

– 1mp0551b13.

– Tu veux dire qu’en tant que héro de l’histoire, c’est à moi, et moi seul, qu’incombe la tâche difficile mais glorieuse d’arrêter Argent ?

– N0n. J3 v3ux d1r3 qu3 l4 m4ch1n3 35t 7r35 1ns74b13. 3113 n3 p3u7 7r4n5p0r73r qu’un3 s3u13 p3r50nn3 4 l4 f015.

– Ah, souffla Renard, déçu.

Le Visiteur saisit avec réticence la machine qu’Henry lui tendait et l’accrocha laborieusement à son poignet. Elle n’était déjà pas très classe avant, mais là, elle avait aussi perdu en ergonomie.

– J’41 m4 pr0pr3 m4ch1n3, déclara Henry en pointant un Tempusfugitron bien plus sobre à son poignet. S1 ç4 70urn3 m4l, j3 p0urr41 v3n1r 73 ch3rch3r d4n5 l4 r34l1t3. B0nn3 ch4nc3.

Le Visiteur eut une moue moqueuse et pouffa. Il tira sur le col de son manteau.

– Ça ne peut pas mal tourner, puisque j’ai un plan !

Henry sourit et lui décocha une grande claque dans le dos.

– 4ll3z, v4 s4uv3r l3 m0nd3 !



Le Visiteur apparût dans la salle hors du temps. Le dos droit, les épaules carrées, l’esprit clair et un pistolet dans une poche de son manteau.

– Argent, il faut qu’on discute.

L’intéressé sursauta et eu un mouvement de recul. Il détailla Renard comme s’il le voyait pour la première fois. À côté de lui, le quatrième mur ondulait toujours avec une intensité anormale.

– Comment tu as fait pour revenir ici ?

Le Visiteur eut un sourire carnassier, il releva le menton d’un air de défi.

– J’ai mes propres méthodes.

– Oh, très bien, bredouilla Argent. Tu tombes bien en tout cas, on va pouvoir aller voir le Nouveau pour relancer la réalité. Y a quelque chose de vraiment pas clair avec cette itération.

Argent parlait vite, butait sur les mots et tapait du pied sur le sol.

– C’est justement ce dont je voulais te parler, répondit mielleusement Renard. On ne va pas faire ça.

Un muscle de la joue d’Argent tressauta. Il pencha la tête et haussa les sourcils, incrédule. Il parla d’une voix animée d’un tremblement mal maitrisé :

– Comment ça ? Quid de notre idéal de l’Autre Monde ? Je pensais qu’on partageait le même but toi et moi.

Le Visiteur joignit les mains et se rapprocha légèrement.

– Alors, j’avoue qu’à un moment j’y ai pensé. Je l’ai même sincèrement considéré. Puis je me suis dit que, si ça impliquait de manipuler le Nouveau comme tu le fais, alors c’était un peu trop batard à mon goût. Parce que si tu m’avais laissé le choix, c’est probablement pas ce que j’aurai voulu. Puisque dans mon équipe on fait peut-être des coups de pute, mais on n’est pas des fils de pute.
« Ensuite, je me suis dit que t’allais surement essayer de me laisser en arrière en attendant que je perde la tête, comme tu l’as sans doute fait avec mon Double et ceux d’avant.
« Et là récemment, j’ai appris que t’avais entre autres balancé mon pote Henry à travers le mur, sans doute parce qu’il était de trop dans tes plans.

Tout au long de sa tirade, son ton avait par moment déraillé vers les aigus malgré sa voix rauque, sous l’effet de l’émotion.

– Alors non, conclut-il sèchement. J’ai plus trop envie de t’aider.

Argent serrai les poings, il ne l’avait pas quitté du regard. Finalement, haussa les bras et les laissa lourdement retomber.

– C’est dingue, soupira-t-il Toutes les cinq ou six itérations, y a un irrumator dans ton genre qui vient me tenir le même discours. Pourtant, je ne m’y fais jamais.

– C’est donc un non ? demanda Renard en plissant les yeux et baissant lentement la main vers son arme.

Argent couru vers lui. Renard tira vivement le pistolet de sa poche. Argent se jeta en avant au moment où il en aperçu la crosse. Il saisit la main de Renard et leva l’arme vers le plafond en même temps qu’il se baissait. La balle fila au-dessus de ta tête.
Il percuta le Visiteur de plein fouet et, emporté par la force du choc, les deux finirent à terre. Renard atterrit lourdement le sol et en eut le souffle coupé.
Argent se redressa au-dessus de lui et tenta de lui arracher son pistolet. De sa main libre, le Visiteur lui porta une série de coups dans les cotes jusqu’à ce qu’Argent gémisse et que sa prise se relâche.
Le Visiteur lui envoya alors une large claque en plein visage et le fit basculer sur le côté. L’autre roula hors de portée avant que Renard n’ait le temps de prendre l’avantage.
Il sourit malgré tout et brandit son pistolet. Argent s’arqua vivement et lui lança un coup de pied dans la main. La semelle métallique broya les doigts du Visiteur et le pistolet glissa sur plusieurs mètres.
Il y eu une seconde de flottement alors que les deux hommes regardaient l’arme s’immobiliser un peu plus loin.
Renard se jeta en avant, rampant au sol pour l’atteindre le premier. Son adversaire fit de même, il l’attrapa et se hissa à moitié sur lui.
Le Visiteur se tourna, il abattit une de ses mains sur le visage d’Argent et le repoussa en tentant au passage de lui mettre les doigts dans les yeux.
Enfin, Renard attrapa le pistolet et se retourna. Argent arrivait sur lui au même moment. Il lui saisit de nouveau le poignet. Une seconde balle le frôla sans le toucher.
La main libre d’Argent se plaqua sur son cou et serra. Le Visiteur émis un gargouillement étouffé. Il frappa sur le bras d’Argent sans parvenir à lui faire lâcher prise. Il sentit son sang battre à ses tempes, il perdait rapidement ses forces.
Ils avaient rampé proche quatrième mur, Argent ne semblait pas s’en être rendu compte.
Renard tendit brusquement le bras qui tenait encore le pistolet à travers la surface ondulante. Argent poussa un cri de surprise et lui lâcha la main, il desserra également sa prise sur son cou. Renard inspira une grande goulée d’air.
Le Visiteur se redressa et assena à son adversaire un violent coup de crosse en plein visage. Il le saisit ensuite par le col et le tira aussi fort qu’il le pouvait en direction du mur.
Argent bascula, Renard roula à sa suite.


Renard termina son mouvement sur un sol poussiéreux. Il avait lâché prise, mais avait vaguement conscience de la présence d’Argent à sa gauche. Il se redressa sur les coudes, un instant sonné. Encore un tunnel sombre, il avait surement atterri à son époque, comme d’habitude.
À côté, Argent était à genoux, le dos courbé et le visage enfouit dans ses mains. Du sang perlait déjà sur les gants blancs de sa combinaison. Son gémissement de douleur se mua en un hurlement glaçant.
Il releva lentement la tête de ses mains tremblantes et regarda le sang qui les couvrait. Le côté droit de son visage était couvert de plaies et de cloques sanguinolentes.
Le Visiteur commença à se relever. Son pistolet avait atterri plus loin dans le couloir.
Argent braqua son œil valide sur Renard. Il avait le souffle court et son expression haineuse était déformée par la douleur. Il cria en desserrant à peine les dents :

– MON VISAGE ! Tu m’as…

– Ouais, bienvenue au club, renifla le Visiteur.

Argent se releva en s’aidant contre le mur et Renard s’éloigna hors de portée. Il lui tourna ostensiblement le dos et ramassa son pistolet.
Il se retourna vers son adversaire en tenant l’arme avec un maniérisme provocateur. Les yeux d’Argent s’étrécirent, il peinait à rester debout.

– Tu ne vas pas… tu n’oseras pas, siffla-t-il.

Le Visiteur fit la moue, il leva les yeux au plafond en faisant mine d’y réfléchir.

– Ça serai mal me connaitre, déclara-t-il sombrement.

Argent esquissa un mouvement vers sa machine, le Visiteur lui tira en plein torse. Pour faire bonne mesure, il appuya deux fois de plus sur la gâchette. Argent tressailli, une expression de surprise sur le visage, puis s’écroula en arrière.
Enfin, Renard s’appuya contre le mur et poussa un long soupir. Il en avait enfin terminé.
Après réflexion, il aurait pu dire « Veni, vidi, vici » juste avant de tirer. Ça aurait été plutôt pas mal comme dernière provocation. Tant pis, ce qui est fait est fait.
Un grésillement attira son attention, des morceaux de la machine de Van Der pendouillaient, seulement maintenus par du ruban adhésif. Vu son aspect naturel, il était difficile de dire si elle avait été véritablement endommagée lors de l’affrontement.
Renard avisa le brassard d’Argent. Après tout, il n’en aurait plus besoin. Et puis, mieux valait ne pas laisser une telle machine au milieu de nulle part.
Le Visiteur s’accroupit à côté du corps, il posa la main sur la machine. Le poing d’Argent le cueillit en pleine mâchoire.
La combinaison ! La foutue combinaison était pare-balle !
Alors que Renard était autant surpris que sonné par le coup, Argent appuya sur un bouton de son brassard et disparut.
Le Visiteur jura. Pourquoi ça ne pouvait pas être simple, au moins une seule fois ?

Chapitre 13:
Un chuintement retentit juste à coté de Renard. Il sursauta et arrêta in extremis le coup qu’il allait porter au nouveau venu. C’était son Henry.

– T’es en retard ! lui reprocha le Visiteur.

– J4m415 ! C’357 701 qu1 4 d3 l’4v4nc3, j3 v13n5 4 p31n3 d3 c4pt3r t0n s1gn4l. 70u7 v4 b13n ?

– Non ! Argent s’est échappé, tu peux le retrouver avec ton super-émetteur-détecteur là ?

– P45 s’1l 357 h0r5 du 73mp5. S1n0n, 1l m3 f4u7 qu3lqu35 m1nu73 p0ur 1s0l3r un s1g4l. J3 l4nc3 l3 d14gn0s71qu3.

Renard tendit la machine de Van Der sous le nez d’Henry. Le robot fronça les sourcils et retroussa les lèvres en étudiant les dégâts.

– Elle fonctionne ? l’interrogea le Visiteur. Faut que j’aille le chercher hors du temps.

– 3ll3 d3vr417 73n1r l3 c0up.

– T’es sûr, hein ? C’est pas pour remettre tes compétences en question Henry, mais elle a plutôt une sale gueule et je voudrais pas finir…

– M415 0u1 j3 t3 d15, f0nc3 !

Le Visiteur actionna le transport et disparût du couloir. Il réapparût moins de deux secondes plus tard à la même position.

– Il n’est pas là-bas ! Il faut qu’on le retrouve avant qu’il ne s’en prenne aux nouveaux !

Le docteur regardait pensivement sa tablette modifiée multifonction.

– C'357 plu707 4b5urd3 qu4nd 0n y p3n53, dit-il. J3 v3ux d1r3, 51 un l13u 357 h0r5 du 73mp5, 4l0r5 70u7 c3 qu1 5'y p4553 d3vr41 y 4v01r l13u d3 m4n13r3 synchr0n3 3t 1nst4nt4n3. C4 n'45 4ucun 53n5 qu3 7u pu1553 7'y r3ndr3 37 l3 7r0uv3r v1d3. 7u v015 c3 qu3 j3 v3ux d1r3 ?

– Henry ! On n’a pas le temps pour les interrogations scientifiques profondes là.

– 51, 0n 4 pr3c153m3n7 d3ux m1nu73 qu4r3n73 s3p7 s3c0nd3 4v4n7 l4 f1n du sc4nn3r. C’357 l3 m0m3n7 1d34l.

Le Visiteur enfouit son visage dans ses mains et y étouffa un cri de frustration. Il hésita à se transporter deux minutes plus tard pour ne pas avoir à subir l’attente, puis se força à patienter.

– 4rg3n7 s3 tr0uv3 un3 s3m41n3 d4n5 l3 fu7ur. 1l 357 4 l4 surf4c3, p45 7r3s l01n du l4b0t.

Le Visiteur jeta un coup d’œil à la date et les coordonnées et se prépara à sortir hors du temps.

– J’y vais !

– J3 73 r3j01n5 l4 b45 4v3c d35 r3nf0r75.

Renard immobilisa son geste et releva la tête vers son compagnon.

– Euh… ta machine peut voyager dans le futur aussi ?

Henry lui lança un regard appuyé. Le Visiteur sentit qu’il avait dit un truc idiot, mais il ne parvenait pas à retrouver quel était le problème.

– J3 v415 ju573 4773ndr3 un3 s3m41n3, déclara finalement Henry.

– Oh. Oui, évidemment. A tout à l’heure… dans une semaine.



Le soleil brillait.
Les rayons le réchauffaient, se réfléchissaient sur les bandes argentées sur ses bras et ses jambes. Il titubait dans la rue dehors. Le ciel portait quelques nuages gris qui lui rappelaient de vieux souvenirs. Mais il avait quelque chose d’important à faire.

Première Itération. La mienne. La fusée a décollé depuis deux mois, la trainée noire a déchiré le ciel pendant plusieurs jours après son départ. Plus personne ne viendra nous chercher. Le bruit a attiré des nuisibles. Les murs vont bientôt tomber. Les zombies attendent de l’autre côté.
Si seulement il n’y avait jamais eu d’épidémie.


Il n’avait pas eu chaud comme ça depuis dieu seul savait combien de temps.
Il avait mal aussi, son flanc droit était en feu. Il voyait difficilement d’un œil, les rues devant lui étaient nettes et floues à la fois. Les deux images superposées. D’autres images entre celles-ci.

Onzième Itération. La sienne, la nôtre. Si j’avais su que ça se terminerai encore comme ça... C’est ma faute. Je n’aurai jamais dû m’approcher de lui. Je n’ai fait qu’empirer les choses depuis le début. Nous étions amis, comme des frères d’autres temps. Il a disparu, ce n’est plus la même personne. Comme ceux d’avant.
Comme ceux d’après ?


Sa respiration sifflante résonnait dans son casque. Il n’était pas au bon endroit. Ce n’était pas son genre de perdre de vue son objectif comme ça, il devait se ressaisir. D’après son brassard, il n’était plus très loin de l’objectif.
Il avait une mission et un plan mainte et mainte fois retravaillé. À force, il connaissait toutes les possibilités. Il n’avait jamais perdu.

Dix-neuvième Itération. Une de plus. Elle porte les stigmates des anciennes. Comme si le temps se souvenait parfois. Chaque modification en apporte de nouvelles. Les effets papillons, de fil en aiguille, et en fin de course, l’avalanche pour une boule de neige.
Ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne jamais ! Il faut recommencer. Il faut faire mieux.


Argent inspira à fond et se redressa. Ses pensées s’éclairèrent peu à peu. Il raffermit sa prise sur la crosse du pistolet dont il s’était équipé.
On n’était jamais trop prudent. Plusieurs itérations s’étaient terminées sous la menace d’une arme. Ça marchait bien en général. Rien ne changeait, il lui fallait juste retrouver l’ancre et subtilement le pousser à s’effacer. Relancer la réalité et essayer une fois de plus.

Énième Itération. Inutile de les compter. Des boucles stables la parcourent de part en part. Le temps se noue sur lui-même, se renforce par endroit et craquelle ailleurs à chaque paradoxe.
Comme un élastique sur lequel on tire, tire, jusqu’à ce qu’il craque où qu’il nous revienne dans les doigts.


Malgré tout, sa condition ouvrait de nouvelles possibilités jusqu’alors inexploitées.
La réalité le traitait désormais comme s’il était le double de l’ancre, et le double de l’autre par la même occasion. Si lui, Argent, se débrouillait pour éliminer un de ces deux individus antérieurs à lui, alors ça compterait surement comme si une unique personne était responsable de son effacement. Ensuite, un énième redémarrage.
Ça pouvait marcher. Ça faciliterait grandement les choses.
Un homme de grande taille portant une blouse blanche déchirée émergea d’une rue et vint se placer quelques mètres devant Argent. Ses lunettes de soudeur camouflaient ses yeux, mais il n’y avait pas de doute possible pour Argent, il s’agissait d’un de ces robots qui aidait parfois son ancre. Ce modèle souffrait d’un certains nombres de fêlures au niveau du visage.
Argent s’arrêta, perplexe. Un instant plus tard, le Visiteur apparût à côté du robot. Argent sourit sous son casque.


– Bon, c’est quoi le plan ? souffla Renard à l’adresse d’Henry en arrivant.

– L3… qu01 ? N3 m3 d15 p45 qu3 tu n’45 p45 d3 pl4n.

– Bah c’est toi qui es resté une semaine ici ! Je pensais que tu aurais réfléchit à un truc d’ici là. Moi j’ai bien essayé de lui tirer dessus mais ça n’a pas bien marché.

– H3ur3s3m3n7 p0ur 701, j’41 pr3vu qu3lqu3 ch053.

Argent pencha la tête sur le côté, il était impossible de lire ses expressions avec son casque. Cependant, Renard devinait à sa posture que quelque chose clochait.

– Vous tombez bien messieurs, déclama Argent de sa nouvelle voix rauque métallisée. Je cherchais justement l’un de vous deux.

Le bras d’Argent se tendit subitement, la forme noire et menaçante d’un pistolet dans sa main. Il pressa la détente. Le Visiteur paniqua et recula tandis qu’Henry s’avançait au même moment, sans l’ombre d’une hésitation.

– TURBO-POING !

La main d’Henry décolla de son bras, allongeant le membre à toute vitesse jusqu’à ce que son poing percute la main d’Argent et envoie le pistolet voler au loin. Au même moment, le docteur eu un mouvement de recul lorsqu’il reçu la balle dans le torse.
Argent secoua la main et chercha son arme du regard. Le bruit d’un transport temporel retentit alors derrière lui et quelque chose lui sauta sur le dos.

– Lâche moi ! brailla Argent en tentant de repousser l’agresseur.

On tira sur le brassard d’Argent et ce dernier écarta vivement le bras hors de portée de l’individu qui lui avait sauté dessus. L’instant d’après le poids s’était évaporé, on l’avait lâché.
Un grésillement de mauvais augure lui fit baisser la tête. Sa machine projeta une volée d’étincelles et les crépitements s’intensifièrent. Il essaya instinctivement d’éloigner son brassard le plus loin possible avant de remarquer qu’un petit appareil était collé dessus.
Toute une série d’alertes qu’Argent n’avait jamais entendu s’élevèrent dans son casque. Il jura en latin, tira sur l’appareil inconnu sans parvenir à l’en décrocher. Une sorte de court-circuit se répandait depuis son brassard vers toute sa combinaison, il en ressentait les fourmillements électriques dans tous ses muscles.
Argent poussa un cri tant de douleur que de rage. Sa silhouette se décalqua en plusieurs exemplaires comme lorsqu’il arrivait dans la réalité depuis l’endroit hors du temps. Sa machine continuait de cracher des étincelles.
Ses contours se firent de plus en plus imprécis, comme s’il vibrait. Le bruit d’un transport temporel résonnait depuis plusieurs secondes, étiré en longueur et cent fois plus fort que d’habitude.
Puis, dans une déflagration d’étincelles et de particules colorées, Argent explosa.
Renard contemplait la fumée qui se dissipait au-dessus de la marque noire sur le sol, bouche bée. Il soutenait difficilement le poids d’Henry depuis quelques secondes déjà.

– Ça va aller ?

Henry grimaça et baissa la tête vers la blessure, il n’était pas certains de pouvoir faire confiance à ses programmes de diagnostic. De toute façon, il avait déjà encaissé bien pire et s’était avancé en connaissance de cause. Il se redressa en testant ses appuis.

– Ç4 v4 4ll3r, m3rc1.

– Merci à toi surtout.

Quelqu’un toussa dans la fumée et l’instant d’après, le plus grand inventeur d’un autre temps en émergea. Wilson Faure-Lamark épousseta son blouson brun usé et remit en place un bandana qui lui ceignait le front. A l’exception d’une vilaine brûlure qui lui couvrait le bord gauche du visage et s’étendait sur le coté de son crâne, le jeune homme n’avait quasiment pas changé. Son apparence était juste un peu plus soignée que dans ses souvenirs.

– Henry ? appela-t-il. Ça a marché ?

– Wilson !

Renard se jeta en avant et percuta le jeune homme pour un câlin agressif et débordant. Henry l’avait bien prévenu qu’il était vivant, mais c’était la première fois qu’il le revoyait.

– Hey salut ! Toi c’est le Double, pas vrai ? L’autre Visiteur.

Le Visiteur s’écarta de Wilson et le regarda intensément. Ça n’était pas le jeune inventeur de son itération, pas son Wilson. Avec un pincement au cœur, il se força à lui sourire malgré tout.

– Ouais, ouais c’est moi. Ça fait plaisir de te revoir.

– Pareillement !

Henry les avait rejoints, il posa une main sur l’épaule de Renard et lui adressa un sourire un peu ravagé, mais compatissant. Après un temps, le Visiteur désigna finalement la trace noire au sol et la fumée qui terminait de se dissiper.

– Du coup, on peut parler de ce qu’il vient de se passer ? C’était quoi ça ?

– Un électroaimant assez puissant pour dérégler l’horloge interne et le repère géospatial du Tempusfugitron, répondit Wilson. Sans ces appareils, il a tendance à marcher beaucoup moins bien, voire plus du tout.

– Je ne savais pas que c’était possible, souffla Renard en regardant la machine de Van Der d’un œil mauvais.

– Oui mais pour ta défense, tu n’as pas conçu ces engins.

– Où est-ce qu’Argent a été envoyé ? Il est bien mort cette fois, hein ?

– Sans le repère pour tenir compte de la rotation et du déplacement de la Terre, il peut être partout entre ici et cent millions de kilomètres de là. Avec en plus une horloge défectueuse, il peut aussi être n’importe

quand. Je crois que la machine l’a comme qui dirait… étalé.
Wilson écarta les doigts en fronçant le nez. Ses compagnons grimacèrent à leur tour, dégoutés par l’image mentale qu’ils venaient d’avoir.

– 0n l3v3 l3 c4mp ? proposa Henry.

Renard sourit et hocha la tête. Ils en avaient enfin terminé cette fois ci. Il releva le nez vers les hauts immeubles saccagés de 2550, les touffes de plantes grimpantes et les anciens arbres d’ornements qui émergeaient des fenêtres. Il était de retour chez lui. Il inspira un grand coup et répondit :

– Ouais, rentrons à la maison.



A quelques dizaines de mètres du groupe qui disparaissait, un autre trio regardait la scène en plissant les yeux, à l’exception du plus jeune qui gardait toujours ses jumelles avec lui.

– Ils sont partis, commenta ce dernier.

– Merci Raph, on a remarqué.

Henry se redressa de leur cachette, la scène qu’ils venaient d’observer l’avait laissé des plus perplexe. Le Double avait-il son propre ami Castafolte, où était-ce lui-même à une date postérieure qu’il venait de voir disparaitre ? Et qui était le troisième membre de l’équipe ?

– Quelqu’un a compris quoi que ce soit à ce qu’on vient de voir ? demanda le Nouveau.

– Non, admit Henry.

– Moi non plus…, marmonna Raph.

Le jeune homme aussi était confus. Pourquoi est-ce qu’il n’avait pas le droit à son propre Double à la figure carbonisée ? Il se sentait un peu exclu de toute cette histoire.

– Dans ce cas, l’affaire est close ! proclama le Nouveau. Je vais vérifier en 2340 si la mission a bien fonctionné. On dirait que pas grand-chose n’a changé cette fois, ça me semble bizarre.



Quelques temps plus tard, une scène familière se déroulait dans le salon de Raph. Le Nouveau se retourna brusquement vers Raph, un doigt tendu au-dessus de son Tempusfugitron.

– Tant pis, j’y vais tout seul.

– Bah, allez-y, soupira Raph.

– Je vais appuyer sur le bouton !

– Je ne vous retiens pas !

– Je ne rigole pas, je vais vraiment appuyer !

– Et je vous regarde faire !

Les deux hommes se toisèrent une seconde avec des airs de défis. Finalement, le Nouveau tiqua. Il détourna le regard et cilla à plusieurs reprises, détaillant la pièce dans l’expectative.

– Ça vous l’a fait aussi ? murmura Raph qui scrutait également son salon à la recherche d’il ne savait trop quoi.

– Comme une espèce de sensation de déjà vu en vachement plus fort ? questionna le Nouveau.

– Ouais, c’est super badant.

Raph frissonna, il croisa les bras et se ramassa sur lui-même pour tenter de faire passer la sensation. Le Nouveau se passa une main sur la nuque et roula des épaules en grimaçant. Quoi que ce fût, c’était en train de s’en aller.
Après un bref moment d’absence, le Nouveau s’ébroua et vint s’assoir à coté de Raph, le canapé grinça sous son poids quand il se laissa tomber.

– Vous ne partez plus finalement ? questionna Raph.

– Hein ? ...Non, je vais rester si tu veux bien. Faut que je réfléchisse à… des trucs.

– Des trucs de mission ?

– Des trucs de recul et tout ça…, grommela-t-il. Pour pas faire n’importe quoi sur un coup de tête.

Le jeune homme sourit et se redressa. Il n’avait pas vraiment cru que sa stratégie fonctionnerait. Son ami pouvait être tellement borné parfois.

– Bah c’est cool, restez. Vous voulez un truc à boire ?


La discussion qui avait suivi dans le laboratoire Castafolte avait été parmi les plus difficiles de la vie du Nouveau.
Henry avait vite perçu le malaise de son ami. Dès les premières phrases, il avait compris et offert son soutien. Il n’était pas question d’arrêter les missions pour toujours, bien entendu. Il s’agissait juste de faire une pause et s’assurer qu’ils pourraient ensuite continuer sans se faire du souci.
Quoi qu’il advienne, il serait toujours le voyageur du temps, le héros et champion de Néo-Versailles. Encadré de plus d’amis et d’admirateurs qu’il n’avait jamais eu. Il y avait tant à faire en 2550, leur groupe était encore loin d’arriver à la fin de leurs aventures.

Epilogue:
Assit au sommet d’un immeuble, le Visiteur balançait ses pieds dans le vide. Devant lui se déroulait l’irremplaçable panorama de Paris en 2550 sur un fond de soleil levant. Le ciel était strié de lignes roses et oranges quasiment fluorescentes. Pour la première fois depuis ce qui lui semblait être des années, Renard avait enfin les idées claires. Il était aussi de retour à une époque qui était la sienne.
Et en plus, Henry avait fait du café.
Son ami robot était assis à côté de lui, sa propre tasse à la main, il semblait également plongé dans la contemplation du paysage. Puisqu’ils n’étaient plus occupés à sauver la réalité d’un fou hors du temps, le docteur avait enfin pu commencer à se réparer. On distinguait encore des lignes noires et craquelures sur sa peau, mais il reprenait peu à peu un aspect humain.
A gauche du Visiteur, Wilson avait le regard plongé dans sa tasse de café qu’il touillait machinalement. Le jeune homme avait tenu à rester en leur compagnie. De toute manière, son époque était occupée par un autre lui qui n’était pas tout à fait la même personne. Renard avait une idée assez précise de la façon dont devait se sentir Wilson.
L’espace d’une fraction de seconde, leurs trois silhouettes se floutèrent comme s’ils étaient parcourus de neige télévisuelle. Ils clignotèrent hors du temps, puis revinrent à l’état normal. Des bracelets électroniques à leurs poignets émirent une lumière verte.

– Au fa1t, ça va mieux ta mém01re ? s’informa Henry

– Quasiment plus aucun problème maintenant, répondit le Visiteur. C’est bien pratique c’est petits machins automatisés.

Ils regardèrent un moment le soleil se lever. Au loin, quelques piaillements d’oiseaux résonnèrent entre les rues. Renard soupira et son sourire s’effaça quelque peu.

– Alors les gars, qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? On peut aller n’importe où, n’importe quand…

– J’aimerais bien voir la pièce hors du temps, répondit Wilson. Je me demande si je pourrais comprendre de nouvelles choses sur le fonctionnement du temps là-bas.

– Au risque de t’offenser, c’est non ! Cet endroit est malsain. Tant que je tiendrais sur mes deux jambes, plus personne n’y mettra jamais les pieds.

Wilson haussa les épaules, s’il était déçu il ne le montra pas. Henry pencha la tête et se tourna vers son compagnon.

– Tu pensa1s à quelque chose en part1cul1er ?

– Ben… comme j’ai dit, on peut aller n’importe où. Je veux dire, on a bien mérité des vacances, non ? On peut voyager un peu, se trouver un coin sympa où se poser. De toute façon…

Il lassa sa phrase en suspens. Ce n’était plus eux les héros, avaient-ils vraiment leur place ici ? Le Visiteur ne se voyait pas vraiment mettre les pieds à Néo-Versailles et encore moins dans le Terrier.

– Ça sera1t d0mmage de ne pas rester 1c1, chez n0us, après t0ut ce que tu as traversé pour ramener cette ép0que c0mme avant.

Renard tiqua. Il hésita, puis présenta plus clairement le fond de sa pensée :

– Henry, je ne sais pas trop si je serais le bienvenu ici.

– Tu exagère v0y0ns.

– J’ai essayé de tuer Raph.

– Ma1s pas réuss1 !

– J’ai kidnappé leur Henry.

– B0n peut être que…

– J’ai causé la destruction du Castabot premier du nom.

Henry inspira brusquement.

– D’acc0rd. Ma1s ce n’est r1en qu’une c0nversat10n ne peut régler.

Le Visiteur étouffa un ricanement. C’était le coté humaniste d’Henry qui parlait. Il n’eut pas le cœur de lui donner tort.
Le bruit d’un déplacement temporel résonna derrière eux avec un superbe sens du moment opportun. Henry tendit un doigt vers les nouveaux arrivant en souriant.
Renard tourna la tête, écarquilla les yeux et se retourna vivement vers le vide en se courbant sur sa tasse de café. Le Nouveau était là avec son air dubitatif, accompagné de l’autre Henry et de Raph qui se tenait derrière eux.

– Me dis pas que tu les as invités ? siffla Renard sans desserrer les dents.

Henry l’ignora, il leva le bras vers le trio qui venait d’arriver.

– B0nj0ur ! Appr0chez, la n0uvelle t0urnée de café est b1ent0t prête.

Wilson se leva le premier et approcha du Nouveau qui le saisit par les épaules et planta son regard dans le sien.

– Wilson c’est bien toi ? demanda le Nouveau avec émotion. Je veux dire…tu es mon Wilson ? Pas celui d’une autre réalité ?

– C’est bien moi.

Les deux hommes s’enlacèrent. Le Visiteur étouffa un pincement de jalousie en les voyant faire. Derrière eux, Raph lança un regard en coin à Renard. Ce dernier lui adressa un sourire crispé et un timide salut de la main, il ne reçut pas de réponse du jeune homme.
Henry approcha et serra la main tendue de… H3nry en lui adressant un hochement de tête respectueux.

– Content de vous revoir docteur.

– Le pla1s1r est partagé.

Les deux groupes se mélangèrent en allant s’assoir sur le bord de l’immeuble. Les deux Henry côte à côte, puis Renard et le Nouveau et enfin Wilson et Raph.
Le jeune homme se tourna vers l’inventeur, prêt à faire bonne impression auprès de la seule personne à peu près normale du club des grands brulés. Wilson le devança en tendant la main.

– Nous n’avons pas été présenté. Wilson Faure-Lamark.

– Euh… moi c’est Raph. Juste Raph.

Renard risqua un coup d’œil vers le Nouveau. Il s’agita, soudainement inconfortable en sa présence. Pour lui qui avait autant que possible évité son reflet, c’était toujours comme se regarder dans un miroir.

– Y parait que vous avez sauvé la réalité ? demanda le Nouveau.

– Euh… ouais, en quelque sorte. Écoutes, je suis désolé pour…tout ce que j’ai pu faire. On devait rejouer les évènements tels qu’on les connaissait.

Le Nouveau opina et huma pensivement son café.

– Henry m’a expliqué. Et puis on vous a vu à un moment, c’était plutôt stylé.

– Je n’aurais jamais tué Raph, hein ! continua Renard en accélérant le débit. D’ailleurs Raph, je suis vraiment désolé, si ça peut te rassurer, tout était calculé pour que tu t’en sortes.

Renard avait tendu le bras dans la direction du jeune homme. Celui-ci considéra ce Visiteur à moitié carbonisé, puis son regard glissa vers le visage de son propre Visiteur. Il dût y lire une expression favorable, car il afficha un sourire timide.

– Ça va, je vous pardonne, marmonna-t-il.

L’expression de Renard se mua en un grand sourire ému, presque grimacé, dont lui seul avait le secret. Le Nouveau abattit une main sur son épaule et lui lança à son tour un sourire avenant.

– Cette fois ci, tu as intérêt à me raconter dans le détail ce qu’il vous est arrivé pour avoir une tronche pareille. J’ai l’impression d’avoir raté un épisode, moi.

– Je v0us a1t p0urtant expl1qué ! Les 1térati0ns, la décohérence, t0ut ces trucs là… protesta H3nry.

– Ouais mais j’ai pas tout compris et il manquait des détails. Alors qu’avec un vrai conteur, je suis sûr que ça sera plus clair.

– Laissons le D… l’autre Renard expliquer, ajouta Henry.

Renard se redressa et s’éclaircit la gorge. Ça allait être une longue histoire, mais rien ne pressait. Ils avaient un bon stock de café.

– Juste avant, intervint Wilson avec un air malicieux. On est d’accord qu’on reste à cette époque, hein ?

– Vous voulez partir ? interrogea Henry.

– Euh… non, balbutia Renard, prit de court. Enfin, ça serait plus juste de dire qu’on se demandait si on pouvait rester.

– Bah carrément ! répondit le Nouveau. En tout cas, vous êtes les bienvenus. Et puis avec vous, on double les effectifs. On ne sera pas trop de six pour retaper 2550 !

– J'ai jamais dit qu'on allait partir, on verra ça après vous voulez bien ? reprit Renard en se redressant de toute sa hauteur et rajustant ses lunettes. En attendant je m’y mets ! On peut dire que ça a commencé quand un espèce d’amateur de seconde zone a débarqué chez Raph…
Un grand merci à tout ceux qui m'auront lu ou qui me liront ! J'ai écris pour moi même, mais c'est un immense plaisir de savoir que d'autres ont pu aimer !
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Message par Nigami le Mer 30 Jan 2019 - 19:51

Wow, la fin déjà ? Je n'ai pas encore le temps de rattraper mon retard mais je m'y mettrais Smile
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Message par DaraDjinn le Mer 13 Fév 2019 - 17:21

Merci beaucoup Nigami, ça me fait plaisir <3 Il faut avouer que la majorité était déjà faite fin novembre, il manquait plus que la relecture/correction globale, la bêta lecture des copains et la fin a peaufiner quand j'ai commencé à poster ^^
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